EDF  : Gadonneix passe la main à Proglio...

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Il y a peu de choses en commun entre l'EDF de 2004, électricien national encore arrimé à son frère jumeau Gaz de France, et le poids lourd actuel du CAC 40, sommé d'ouvrir son monopole historique à ses grands concurrents européens. Pierre Gadonneix, son PDG sortant, qui préside aujourd'hui sa dernière assemblée générale avant de passer la main à Henri Proglio, a conduit cette métamorphose. « Je suis arrivé à un moment où il était nécessaire de fixer un cap », se souvient-il. « Grâce aux équipes formidables, cela a été un grand bonheur pendant cinq ans. »Version nuancée en coulisse par son entourage : « Cela n'a pas été facile tous les jours de piloter la transformation de ce groupe d'ingénieurs, qui découvrent à la fois la concurrence et la communication. » Parachuté de la présidence de Gaz de France à celle d'EDF en septembre 2004, à la faveur d'une guerre de succession mal maîtrisée par son prédécesseur, François Roussely, Pierre Gadonneix a trouvé un groupe public en situation financière fragile, que l'État voulait néanmoins introduire en Bourse rapidement. Fin 2004, l'endettement de l'électricien (19,6 milliards d'euros) dépassait ses capitaux propres (17,5 milliards d'euros). Une situation de quasi-faillite.Après le règlement de l'épineux dossier des retraites, Pierre Gadonneix mène l'introduction partielle en Bourse en novembre 2005, à 32 euros. Le titre vaut environ 38 euros aujourd'hui, après avoir touché un sommet à 87,75 euros en novembre 2007. En décembre 2007, l'État vend encore 2,5 % du capital. Il détient aujourd'hui 84,8 % d'EDF.Fin 2004, le groupe était enlisé à l'international : la diversification en Amérique latine, menée par Roussely, s'est soldée par une perte nette de 1 milliard d'euros. Et en Italie, « nous étions menacés de devoir débourser près de 13 milliards d'euros pour racheter Edison, sans aucune perspective de détenir plus de 2 % des droits de vote », raconte Pierre Gadonneix. En 2005, EDF trouve un accord sur Edison dont il détient le contrôle (48,96 % du capital et 50 % des droits de vote) conjointement avec la régie de Milan. Facture : plus de 7 milliards d'euros.ardoise Après la vente des activités sud-américaines, bouclée fin 2007, Pierre Gadonneix se prend à rêver à son tour d'expansion, autour du nucléaire. « Avec nos succès en Chine, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et bientôt en Italie, je suis fier d'avoir contribué à faire d'EDF un label de crédibilité du nucléaire dans le monde », déclare-t-il. « Secteur très compétitif, cette avance sera moins nette d'ici cinq à dix ans », prévient-il. Sans compter l'ardoise qu'il laisse à son tour à son successeur (voir ci-dessous).S'il regrette de devoir partir maintenant ? « je pensais être éternel, je ne le suis pas » ?, il refuse de donner un conseil à Henri Proglio. « C'est un industriel, il n'a pas besoin de moi pour être convaincu qu'EDF a besoin de confiance, de vision à long terme et de stabilité dans les investissements industriels. »

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