Bercy verrouille la gestion du grand emprunt

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Présidée par Alain Juppé et Michel Rocard, la commission sur le grand emprunt a conclu hier ses travaux. Les deux ex-Premiers ministres ont défendu l'idée d'un emprunt d'une ampleur limitée, d'un montant sensiblement inférieur à 50 milliards d'euros, afin de ne pas alourdir outre mesure la dette publique. Sans attendre le rapport de la commission, qui sera remis à Nicolas Sarkozy autour du 19 novembre, ni le montant préconisé, le gouvernement travaille déjà sur la « gouvernance » de cet emprunt. « Nous voulons nous assurer de l'étanchéité parfaite entre les sommes levées via le grand emprunt, destinées à investir, et le budget de l'État », souligne un expert gouvernemental. « Il n'est pas question que les ministères grappillent quelques milliards ça et là. » Le gouvernement débat encore de l'opportunité de nommer un ministre en charge de l'emprunt. Avances remboursablesSurtout, Bercy ne veut pas que la dette publique soit alourdie ad vitam aeternam par cette opération. « Pour une partie importante, il s'agira d'avances remboursables, qui, par définition, seront remboursées à l'État, et, en outre, d'acquisition d'actifs, qui pourront à terme être cédés », affirme un expert. Accrue pendant plusieurs années, la dette serait donc, ensuite, réduite par ces cessions.Quant au montant de l'emprunt, les experts soulignent les limites de sa signification : tout dépend de ce qu'inclut l'opération. Les projets de TGV ? Le Grand Paris ? Les inclure changera la physionomie de l'emprunt. Les exclure n'empêchera pas ces projets d'être réalisés, peut être sur une durée plus longue. En tout état de cause, François Bayrou, qui a rencontré François Fillon au sujet de l'emprunt, l'a mis en garde contre le dérapage de la dette. I. B.

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