Femmes d'affaires, affaires de femmes

 |   |  599  mots
Pourquoi y revenir ? En théorie, les droits des femmes sont chose admise. À quelques exceptions près tout de même, ils sont le plus souvent ?inscrits dans les Constitutions à travers le monde. C'est vrai pour l'éducation, la santé, le marché de l'emploi. ?À qualités et capacités égales, les femmes doivent avoir les mêmes chances que les autres.Et pourtant. Elles doivent encore discuter et, surtout, convaincre pour les obtenir. Elles peuvent s'appuyer sur de nombreuses études qui, toutes, vont dans le même sens : les bénéfices de la mixité sont indéniables. Celle de McKinsey, « Women Matter 2010 », montre - une fois de plus - que la diversité, en matière de management au plus haut niveau, induit de meilleurs résultats financiers pour l'entreprise. Celle d'Ernst & Young sur la gouvernance des sociétés françaises cotées illustre le changement des mentalités : le « lady-boom » au sein des grandes entreprises françaises tend - ô combien progressivement - à émerger. Celle de Heidrick & Struggles illustre le fait que les sociétés du CAC 40, soucieuses de rattraper leur retard, se dotent une à une d'un « directeur diversité », chargé de faire vivre cette notion au quotidien. De même, nombreuses sont les multinationales, de Sodexo à Coca-Cola en passant par Lenovo et Renault-Nissan, qui mettent en place des politiques actives, et souvent très innovantes, pour promouvoir les femmes à tous les échelons de l'entreprise.Convaincus, donc ? Pas si vite ! En France, Laurence Parisot, la présidente du Medef, avait voulu introduire dès 2005 une recommandation en faveur de la mixité des conseils d'administration dans les codes de bonne gouvernance de l'Afep-Medef. « Les choses avaient été un peu délicates », dit-elle. Elle a dû attendre 2010 pour parvenir à imposer ce qu'elle estime être un « enjeu historique ». Autant dire que compter sur la seule bonne volonté des décideurs privés serait un leurre. Au contraire, la menace d'une contrainte législative produit parfois des effets étonnants. Ainsi, en Norvège, par exemple, la loi sur la quasi-parité (40 %) dans les conseils d'administration - adoptée il y a sept ans déjà - allait jusqu'à prévoir la dissolution des sociétés récalcitrantes. Moralité, de 7 % en 2003, le nombre d'administratrices est passé à 44 % en 2010 et, évidemment, aucune société n'a été dissoute... Même chose en France, toutes proportions gardées. Si Bernadette Chirac est entrée, au printemps de cette année, au conseil d'administration de LVMH de même que Florence Woerth à celui d'Hermès, c'est parce que ces entreprises cherchent à devancer le dispositif prévu par le projet de loi Zimmerman-Copé. L'Assemblée nationale l'avait adopté en franc-tireur et personne ne pouvait imaginer que le Sénat puisse choisir une autre voie. Alors que, pour l'instant, les femmes ne sont que 10 % dans les conseils d'administration des sociétés du CAC 40 (et même 8 % seulement dans ceux des 500 premières entreprises en France), le texte prévoit qu'elles représenteront 40 % des membres des conseils d'administration des sociétés cotées dans six ans (avec un palier de 20 % dans trois ans). Le texte final aurait pu aller plus loin, mais il a été dilué par les élus, qui ne voulaient ni entendre parler d'une parité totale, ni d'une extension des sociétés ciblées. Doit-on s'en étonner quand eux-mêmes n'appliquent pas la parité et que seules 13,9 % des parlementaires sont des femmes ? L'exemple norvégien fait donc tache d'huile : l'Espagne et les Pays-Bas ont adopté des quotas pour 2015. Et au-delà de la France, la Belgique, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie y réfléchissent.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :