Chirac veut s'expliquer devant la justice

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ÉlyséeJacques Chirac a choisi le jour de la sortie en librairie du premier tome de ses mémoires pour lancer sa contre-attaque sur le terrain judiciaire. Dans deux interviews, l'une au « Figaro » et la seconde à Europe 1, l'ancien président de la République affiche sa « sérénit頻 après son renvoi en correctionnelle pour l'affaire des emplois présumés fictifs à la mairie de Paris.« La juge (Xavière Simeoni) a estimé devoir me renvoyer devant le tribunal correctionnel. [?] Je conteste ses analyses ou son analyse. J'irai donc tout naturellement, comme tout citoyen a le devoir de le faire, m'expliquer devant le tribunal [?] avec sérénité et détermination car je n'ai rien à me reprocher », a dit Jacques Chirac sur Europe 1. Dans « Le Figaro », il précise qu'il va se préparer « tranquillement » au procès.Simultanément, le parquet de Paris a annoncé hier soir qu'il ne ferait pas appel du renvoi en correctionnelle de Jacques Chirac pour « détournement de fonds publics ». Le procès pourrait se tenir sans doute au second semestre 2010.S'il se refuse à tout commentaire sur Nicolas Sarkozy, s'interdisant tout jugement sur son successeur, Jacques Chirac adresse un signe à Dominique de Villepin, qu'il n'a plus le droit de rencontrer depuis l'instruction du dossier Clearstream. « Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai pour Dominique de Villepin beaucoup d'estime et d'amiti頻, déclare au « Figaro » l'ancien président à propos de celui qui fut son dernier Premier ministre.Jacques Chirac, qui fêtera ses 79 ans le 29 novembre, avait sans doute prévu un autre contexte pour la sortie de son livre « Chaque pas doit être un but », aux éditions NiL. Ses « plans médias » ont été revus à la baisse après sa mise en cause par la justice. Il sera toutefois samedi l'invité vedette de la foire du livre de Brive, en Corrèze, son ancien fief politique.lever le voileCe premier tome de ses Mémoires permet à Jacques Chirac de lever le voile sur ses relations avec les responsables politiques de la Ve République qu'il a côtoyés ou combattus pendant sa longue carrière. S'il confirme l'inimitié tenace qui le lie à Valéry Giscard d'Estaing, il confie son admiration pour François Mitterrand, « un homme d'une grande culture, d'une grande intelligence ». Le livre s'achevant avec son élection à la présidence de la République en 1995, on n'y trouve que peu de confidences sur Nicolas Sarkozy qu'il décrit toutefois comme « nerveux, empressé, avide d'agir et se distinguant par un sens indéniable de la communication ».Une phrase revêt un sens aujourd'hui particulier au moment où Jacques Chirac s'apprête à livrer un nouveau combat. « À la vérité, seul le feu est révélateur, à la guerre comme en politique, du véritable caractère des hommes »? H. F.

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