Un repenti accuse Berlusconi de collusion avec la mafia

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Judiciaire« Grâce à Silvio Berlusconi, nous avions le pays en main. » Entendu dans le cadre du procès d'appel à l'encontre de Marcello Dell'Utri, ex-bras droit de l'actuel président du Conseil italien, un repenti de la mafia sicilienne a clairement accusé, hier, Silvio Berlusconi d'avoir été lié à Cosa Nostra.Appelé à témoigner sur les rapports entre la Pieuvre et les fondateurs de Forza Italia, Gasparre Spatuzza a, en effet, confirmé la teneur de sa conversation survenue en janvier 1994 avec le parrain Giuseppe Graviano, chef du clan du quartier parlermitain de Brancaccio. Alors que, selon lui, la mafia était à l'époque à la recherche de nouveaux référents politiques pour obtenir notamment des remises de peine et un allégement du régime carcéral pour les mafieux, Gasparre Spatuzza a affirmé : « Graviano m'a donné le nom de Berlusconi et m'a dit que grâce à lui et grâce à notre compatriote sicilien [Marcello Dell'Utri, Ndlr], nous avions le pays en main. Il ajouta que nous avions obtenu tout ce que nous voulions, et cela grâce au sérieux de nos interlocuteurs. » de « folles accusations »Ancien tueur de la mafia, arrêté en 1997 et collaborateur de justice depuis quelques mois, apparemment à la suite d'une crise mystique, Gasparre Spatuzza a indiqué qu'il redoutait de « parler du président du Conseil, Silvio Berlusconi ». Mais il a tout de même soutenu que la série d'attentats mafieux qui, en 1993, fit dix morts et plus de cinquante blessés avait pour objectif de « provoquer des remous » et de créer un climat propice à l'entrée en scène de Forza Italia, fondée en 1994 par Silvio Berlusconi. Déjà condamné en première instance à neuf ans de réclusion pour collusion avec la Cosa Nostra, Marcello Dell'Utri a juré n'avoir jamais rencontré Giuseppe Graviano : « La mafia veut faire tomber le gouvernement », a-t-il dénoncé, mettant en cause la crédibilité d'un repenti auteur de quarante homicides. Silvio Berlusconi s'est, pour sa part, défendu en s'insurgeant contre des « accusations folles : mon gouvernement ? a-t-il martelé ? est celui qui a obtenu le plus de succès contre la mafia ».Robert Lavéran, à Rome

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