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Derrière les mots... de Nicolas Sarkozy

La Tribune

Publié le 05 février 2010 à 22:39 - Mis à jour le 05 février 2010 à 22:39

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18 juillet 2026

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En décembre dernier, à l'issue de la conférence sur le climat à Copenhague, en décembre dernier, le chef de l'État n'avait pas caché sa déception face à un accord signé à l'arraché mais non contraignant. Si Nicolas Sarkozy a dû mesurer son jugement sur l'accord lui-même (estimant qu'il était le meilleur possible), il a revanche manifesté son scepticisme sur la capacité de l'ONU à parvenir à un accord global sur le climat. « Le processus est un bout de souffle », avait-il alors déclaré, relayé par nombre de chefs d'État, notamment européens, soucieux de trouver les raisons d'un accord en deçà des attentes pour s'expliquer devant leurs opinions publiques. Pour la première fois depuis la fin du sommet, le chef de l'État a de nouveau publiquement manifesté « son mécontentement » sur les résultats de la conférence. De fait, au 31 janvier dernier, date butoir fixée par l'accord, seule une cinquantaine de pays (dont les grands émetteurs de carbone) ont informé l'ONU de leurs objectifs de réduction des émissions de CO2, sans toutefois se fixer des contraintes. Le président de la République est aussi revenu sur l'organisation de la conférence, en y associant la chancelière Angela Merkel. « À Copenhague, on a été ensemble toute la journée et nous avons la même analyse. On n'est pas content de ce qui s'est passé, la façon dont ça s'est passé et on ne laissera plus les choses se passer de la même manière », a ainsi précisé Nicolas Sarkozy. Sans préciser toutefois ce qu'il faudrait faire. Le temps presse, le prochain sommet sur le climat est prévu en novembre 2010 à Mexico. Philippe Moreau Defarges, checheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri), codirecteur du Ramses Ni la France, ni l'Allemagne, ni même l'Union européenne ? à supposer qu'elle parle un jour d'une seule voix sur la question climatique ? ne disposent du poids nécessaire sur la scène internationale pour imposer quoi que ce soit. Elles peuvent proposer, discuter, impulser, négocier mais plus assurer un véritable leadership sur la question climatique. Finalement, ce type de déclaration révèle surtout un aveu d'impuissance à l'échelle internationale et sans doute l'un des enseignements du sommet de Copenhague. L'autre enseignement a été de montrer que ces questions sont extraordinairement complexes et ne peuvent trouver de réponse immédiate. C'est pourquoi je ne partage pas, sur le fond, la vision d'échec que l'on a un peu vite associée au sommet de Copenhague. Il a été au contraire très utile car il a apporté connaissances et réflexions, figé le principe qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique et permis de clarifier les positions, les attentes et les objectifs de tous les pays de la planète. Ce n'est pas rien. Les 192 pays sont désormais clairement engagés dans un processus. C'était un préalable indispensable. Il faut désormais fixer un cadre légitime pour les négociations. Et ce cadre ne peut être, sous une forme ou une autre, que l'ONU, seule institution capable d'imposer juridiquement des contraintes avec surtout une légitimité politique. Le G8 ou le G20 peuvent toujours s'autoproclamer légitimes mais l'expérience montre que leurs décisions, ou leur déclaration d'intention, produisent rarement leurs effets. Pour une question aussi complexe et aussi vitale que la préservation de la planète, la légitimité des décisions est le gage de l'efficacité de la décision. Sandrine Mathy, économiste, présidente de Réseau Action Climat FranceIl est clair que l'accord de Copenhague est un échec. C'est le triomphe des égoïsmes et la défaite du multilatérisme. Malgré deux années d'efforts et de négociations, l'accord se résume à un agrégat d'objectifs ou d'intentions nationales sans aucune vision globale, et encore moins un objectif global contraignant permettant de répondre aux recommandations du groupe d'experts du Giec en termes d'objectif de réduction des émissions pour rester en dessous d'un réchauffement de 2 °C. Faut-il pour autant renoncer au processus onusien ? Nous ne le pensons pas pour plusieurs raisons. La lutte contre le réchauffement climatique dépasse la seule question des réductions d'émissions de carbone, qui pourrait être effectivement négociée entre les principaux pays émetteurs. Les problèmes de financement du Sud, de modèles de développement, sont tout aussi importants et nécessitent la présence de tous les pays concernés. C'est d'ailleurs ce qu'avait suggéré Nicolas Sarkozy à Copenhague en proposant la création du groupe G28, où grands émetteurs et représentants des pays les plus exposés aux conséquences du réchauffement climatique, pour trouver un accord. C'est sans doute une piste intéressante tant la difficulté de trouver un consensus à 192 pays apparaît difficile. Mais le problème, c'est que l'on sent bien que la volonté de Nicolas Sarkozy était de faire complètement sortir les négociations du cadre onusien qu'il trouve trop procédurier et trop lourd. Il est pourtant impératif que ces négociations restent sous l'égide de l'ONU, seule capable d'assurer une transparence, des règles communes et un contrôle de la mise en oeuvre et des objectifs. Il faut donc peut-être revoir le processus de décision onusien. Il ne faut pas non plus oublier que l'ONU a largement ouvert ses portes à la société civile, ONG et représentants des entreprises. Il est à craindre désormais que ces portes ne se ferment au profit d'un processus de négociations devenu opaque, comme à l'OMC ou lors des réunions du G8 ou du G20. Le climat est l'affaire de tous et ne doit pas être traité dans un petit cénacle, ce qui ne manquerait pas de désabuser les opinions publiques.

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