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A400M : au tour d'EADS de faire des propositions

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Publié le 05 février 2010 à 22:39 - Mis à jour le 05 février 2010 à 22:39

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cite>EADS ne pourra pas dire le contraire : les pays clients de l'A400M montrent leur envie de poursuivre le programme le plus emblématique de l'Europe de la défense, estimé initialement à 19,7 milliards d'euros. Après avoir déjà promis une rallonge de l'ordre de 2 milliards d'euros pour sauver l'A400M, certains des pays clients sont désormais prêts à proposer une nouvelle rallonge financière comprise entre 1 et 1,2 milliard d'euros. Soit au total 3,2 milliards d'euros sur les 5,2 milliards de surcoûts identifiés par EADS, qui a déjà provisionné 2,4 milliards d'euros, sur le développement de l'avion de transport militaire. Clairement, la France pousse cette nouvelle proposition et a obtenu un accord de principe de l'Espagne et de l'Allemagne d'aller en ce sens. Trois pays qui ont, il est vrai, des intérêts industriels à sauver ce programme, contrairement aux quatre autres (Grande-Bretagne, Turquie, Belgique et Luxembourg).Nouvelle séance de négociationsCette proposition doit être formalisée la semaine prochaine lors d'une nouvelle séance de négociations. Elle s'inscrit en dehors du contrat initial signé avec l'Occar (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement), un organisme qui représente les pays clients, et le groupe européen. Les trois pays sont prêts à accorder des avances remboursables, qui leur seront rendues avec les futures ventes de l'A400M à l'exportation. « Nous croyons au potentiel de cet avion sur toute la durée de sa vie, assure-t-on à Paris. C'est pour cela que nous sommes prêts à prendre notre part dans le développement de l'avion. » La France serait d'ailleurs prête à mettre de l'ordre de 400 millions d'euros. Cette somme ne serait pas financée par le ministère de la Défense, explique-t-on à « La Tribune » sans plus de précisions. Tous ces montants seront affinés lors de la prochaine réunion de négociations. Mais « l'objectif est que les trois pays prennent grosso modo chacun à sa charge un tiers des avances remboursables », explique un bon connaisseur du dossier.EADS ne doit pas faire de chantage à ses clientsAu final, les pays clients prendraient à leur charge un gros tiers (3,2 milliards), tandis qu'EADS, qui au tout début des négociations a promis de payer 800 millions supplémentaires, s'acquitterait du solde (soit 4,4 milliards, y compris les provisions). « Nous n'irons pas plus loin, explique une source proche du dossier. La responsabilité du groupe, ce n'est pas de faire du chantage à ses clients », qui se sont déjà assis sur 1,2 milliard de pénalités, rappelle-t-on à Paris. Au tour d'EADS, qui a menacé d'arrêter à plusieurs reprises l'A400M, de faire à son tour un effort financier, lâche-t-on. S'il devait stopper ce programme, le groupe devrait rembourser aux États clients plus de 6,5 milliards d'euros. Bien plus que les 2 milliards d'euros qu'il reste à trouver pour financer les surcoûts. Sans compter que le groupe aurait un sérieux problème d'image vis-à-vis de ses principaux clients étatiques (France, Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne), qui hésiteraient à l'avenir à lui confier de nouveaux projets.La balle est donc dans le camp d'EADS. Un groupe partagé entre les pragmatiques, prêts à trouver un compromis avec les États clients à condition qu'ils partagent à 50-50 les surcoûts, et les jusqu'au-boutistes, qui se recrutent notamment en Allemagne et qui souhaitent coûte que coûte que les pays prennent l'ensemble des surcoûts à leur charge. Mais les États ont fait beaucoup de concessions sur le plan financier et industriel. Ils ont également accepté un retard de quatre ans sans contrepartie financière (1,2 milliard de pénalités non exigées) et de disposer des appareils avec des livraisons dans des versions modernisées qui seront échelonnées dans le temps. Enfin, à la demande d'EADS, les États sont prêts à ouvrir un nouveau volet de négociations sur la clause d'escalation (contrat indexé sur le PIB), dont le groupe ne veut plus. « Nous voulons rester dans la formule actuelle, mais nous sommes prêts à réexaminer cette clause d'une façon globale », assure-t-on à Paris. L'idée est de proposer des rendez-vous entre EADS et les pays clients et de regarder aussi bien l'évolution des salaires et la hausse des matières premières, selon les voeux du groupe, mais aussi en tenant compte des gains de productivité du groupe, selon les souhaits des États.

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