Les biocarburants à nouveau pointés du doigt

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Si les cours des céréales n'ont pas encore atteint les sommets de 2007-2008, cette nouvelle flambée soulève à nouveau de vives critiques contre les biocarburants accusés d'accentuer la volatilité des prix. Le président de Nestlé, Peter Brabeck, attribue la hausse des cours de ces dernières années à la croissance démographique et à l'évolution des habitudes alimentaires, mais aussi à la volonté de développer les biocarburants qu'il qualifie de « grave erreur ». La décision d'utiliser des produits agricoles pour les transformer en biocarburants a « entraîné une demande supplémentaire, qui a provoqué une hausse des prix », explique Peter Brabeck à l'AFP. Cette course aux agrocarburants est également critiquée par de nombreuses organisations humanitaires. Une enquête des Amis de la terre intitulée « Afrique : terres(s) de toutes les convoitises » révèle ainsi que 4,5 millions d'hectares de terres ? soit la surface du Danemark ? ont été ou sont sur le point d'être acquis par des investisseurs étrangers afin de produire des agrocarburants. « accaparement des terres »Cette pratique, parfois qualifiée d'« accaparement des terres », est de plus en plus répandue. Mais on dispose de peu de données chiffrées. C'est tout l'intérêt de l'enquête des Amis de la terre qui a réuni des informations sur onze pays africains, de l'Ethiopie au Sierra Leone. Les firmes européennes semblent dominer les acquisitions de terres destinées aux agrocarburants. La société britannique Biofuels, par exemple, a acheté des terres en Ethiopie (80.000 hectares), en Tanzanie (8.000 hectares) et au Mozambique (5.000 hectares) pour cultiver du jatropha. CAMS Group, une autre société britannique, a acquis 45.000 hectares en Tanzanie pour produire de l'éthanol à partie de sorgho sucrier. Tout comme le patron de Nestlé, les auteurs du rapport s'inquiètent des conséquences sur les prix des produits agricoles et du foncier de cette ruée sur la terre. Un rapport de la Banque mondiale, publié après la crise alimentaire de 2007-2008, accusait déjà les agrocarburants d'être en partie responsables de la flambée des prix. Les objectifs affichés par l'Union européenne en matière de biocarburants pourraient donc avoir des effets pervers graves. « Si l'Union européenne maintient son objectif de 10 % d'énergies renouvelables dans les transports ? essentiellement des agrocarburants ? d'ici à 2020, il faudra en effet encore beaucoup plus de terres », met en garde l'étude. X. H.

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