La Chine investit le Zimbabwe

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Au centre-ville d'Harare, de nombreuses petites boutiques sont désormais aux mains des Chinois. Sur les marchés, vêtements, chaussures, produits à bas prix venus de l'empire du Milieu sont omniprésents. En dépit de l'interdiction du processus de Kimberley, la Chine exploite avec l'armée zimbabwéenne les mines de diamants de Marange, dans l'est du pays. « Une bonne partie de ces pierres sont acheminées en Chine et taillées là-bas. Les Chinois sont très proches de la Zanu-PF, le parti de Mugabe. Alors, l'argent des diamants part dans les poches du régime, mais ne sert pas à développer le pays », assure John Robertson, économiste à Harare. Par ailleurs, Sinosteel posséde 92 % de Zimasco, le premier producteur de chrome local. Une autre société chinoise, Sonangol, a obtenu des contrats dans le secteur minier et dans l'immobilier. Et enfin, Air Zimbabwe assure un vol par semaine d'Harare à Pékin. Si Robert Mugabe prône la « look east policy » depuis plusieurs années, l'amitié date en fait des années 70, quand Pékin soutenait la guérilla contre le régime raciste d'Ian Smith. Xin Shunkang, l'ambassadeur chinois à Harare, a assuré qu'en 2009 son pays a injecté 300 millions de dollars américains dans l'économie zimbabwéenne. Mais Eric Bloch, spécialiste du marché à Bulawayo, tempère ces propos : « On parle beaucoup des investissements chinois, mais ceux-ci sont loin d'être aussi importants que la rumeur le dit. C'est vrai pour une petite mine d'or et deux briqueteries autour de Harare, c'est vrai pour des restaurants et des magasins, mais cela se limite plus ou moins à ça. Ces rumeurs d'investissements massifs venant de l'est sont surtout une manière pour le régime d'assurer qu'il n'a pas besoin des Occidentaux »... Sophie Ribstein, envoyée spéciale au Zimbabwe

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