Le spectre de l'austérité plane sur l'Europe

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L'angoisse de la contagion gagne du terrain. Non seulement celle de la spéculation sur les marchés financiers qui renchérissent le coût de refinancement de certains pays, mais aussi celle de la rigueur budgétaire dont le spectre a commencé à jeter dans les rues certaines catégories de population en Europe. Après la cure d'amaigrissement grecque, celle de l'Espagne et du Portugal, d'autres membres de la zone euro ne vont-ils pas devoir adopter des plans de rigueur budgétaire sous la pression des marchés ? Relèvement du taux de TVA, gel ou réduction des salaires des fonctionnaires, allongement de la durée des cotisations retraite ... la potion à laquelle l'Europe du sud est contrainte est amère. Les marchés réclament que les pays stabilisent et même réduisent leur déficit et leur endettement qui se sont envolés après les généreuses dépenses de soutien à l'activité que les gouvernements ont adoptées il y a un an et demi. Souvent sous la pression de ces mêmes marchés ! En théorie, les pays de la zone euro se sont dotés de règles jouant comme force de rappel lorsque certains équilibres ne sont plus respectés. Le Pacte de stabilité et de croissance prévoit que le déficit budgétaire ne dépasse 3 % du Pib, et l'endettement 60 % . « Mais qui aujourd'hui respecte ce Pacte à part un ou deux petits pays ? », s'interroge Sylvain Broyer, économiste chez Natixis. Pire, lorsque les deux poids lourds que sont l'Allemagne et la France ont été visés par la Commission européenne pour le dérapage de leurs finances, « ils ont fait changer les règles », rappelle cet économiste. Aujourd'hui, les marchés « estiment que c'est à eux de pallier l'insuffisante gouvernance européenne », juge Sylvain Broyer. L'Italie qui lutte contre un endettement hors norme de 118,4 % n'a plus de marge de manoeuvre.Parmi les meilleurs élèves, l'Allemagne est la seule à avoir introduit dans sa constitution une diminution du déficit budgétaire (avant paiement des intérêts de la dette) de 0,5 point de PIB par an, comme le prévoit le Pacte de stabilité révisé. L'Irlande a pris les devants en prévoyant une baisse de son déficit de 0,8 point sur trois ans. A priori pas d'inquiétudes non plus pour des pays comme les Pays-bas ou l'Autriche, qui incarnent cette Europe du Nord qui inspire confiance et à laquelle la France se raccroche. « Si la raison prévaut, ces pays ne devraient pas être exposés à la pression des marchés», estime Sylvain Broyer. A priori. Car si le plan de secours à la Grèce se révèle insuffisant ou si d'autes pays doivent être soutenus, les pays « vertueux » finiront par le ressentir durement au niveau de leur budget.

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