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Pacte Ayrault: un vrai choc de compétitivité... avant des réformes structurelles?

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Publié le 06 novembre 2012 à 22:05 - Mis à jour le 06 novembre 2012 à 22:05

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Choc d\'offre, ou pas? Pour François Fillon, le gouvernement ne prend pas les mesures qu\'appellerait la situation économique. «En ne reprenant qu\'une partie du rapport Gallois et en renvoyant à 2014 la partie essentielle, c\'est-à-dire la baisse des charges sociales à travers un système très complexe de crédit d\'impôt, il renonce au choc de compétitivité». Du coup, «il n\'y aura pas de redressement de l\'économie française en 2013», estime l\'ex-premier ministre.Les économistes pro \"choc d\'offre\" approuventCe n\'est pas l\'avis d\'économistes qui, comme Philippe Aghion, ont conseillé François Hollande pendant sa campagne électorale, et défendaient cette politique de l\'offre depuis des mois auprès du candidat socialiste.Contrairement à ce que laissait entendre la petite musique distillée par le gouvernement depuis la mi octobre, récusant toute idée de «choc» -avec la brutalité qui l\'accompagnerait-, «c\'est un choc d\'offre, c\'est que nous avons préconisé» tranche Gilbert Cette, professeur à l\'université d\'Aix Marseille, qui a travaillé sur ces questions avec ses collègues Philippe Aghion et Elie Cohen. Après avoir douté fortement de la volonté du gouvernement de s\'attaquer vraiment à la question de la compétitivité, il accueille favorablement l\'annonce d\'une baisse des charges des entreprises, même indirecte, à hauteur de 20 milliards d\'euros.\"Au moins aussi favorable que ma proposition\", juge Louis GalloisCertes, l\'allègement du coût du travail à hauteur de 20 milliards d\'euros (1 point de PIB) ne sera totalement obtenu qu\'en 2016, sous forme de crédit d\'impôt. Mais la perspective est claire, pour les employeurs, dont les coûts salariaux baisseront bel et bien. Louis Gallois préconisait un allègement des cotisations patronales à hauteur de 20 milliards d\'euros (les 10 milliards de baisse des cotisations à la charge des salariés ne diminuant rien le coût du travail). C\'est ce chiffre que retient le gouvernement, même si le schéma est retenu est plus complexe. «C\'est au moins aussi favorable sinon plus» pour les entreprises que l\'allègement préconisé dans le rapport Gallois, estime son auteur. Pas question, en outre, de conditionnalité à la mode Montebourg, qui aurait voulu que ces aides soient réservées aux entreprises qui investissent. Pour le coup, c\'eut été une vraie usine à gaz.Eviter le coup de bambou sur le pouvoir d\'achatLe système retenu par le gouvernement a un double mérite. Il permet, c\'est évident, de retarder le coût de l\'allègement de charges pour les finances publiques, et donc d\'épargner aux ménages un nouveau choc fiscal immédiat, qui s\'ajouterait au budget 2013. Les adversaires du choc d\'offre, à l\'instar de la députée Karine Berger, criaient casse cou face à la perspective d\'une hausse de la CSG. Le gouvernement leur donne raison. Tout en évitant le piège de l\'inaction, dans lequel il aurait pu tomber, à trop écouter les défenseurs du pouvoir d\'achat.Deuxième mérite du dispositif: il n\'obère pas le débat le financement de la protection sociale. On ne touche pas à celui-ci, les cotisations restent pleines et entières. C\'est qu\'avait demandé Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, en gardienne des comptes sociaux. La réflexion sur le financement de la protection sociale, qui débute actuellement, ne sera donc pas brouillée par des changements intempestifs et non discutés par les syndicats et le patronat. S\'en remettre simplement à l\'issue incertaine de ce débat aurait signifié à l\'évidence une perte de temps importante, alors que la situation économique appelle des mesures d\'urgence. Avec le schéma retenu, le gouvernement évite à la fois l\'écueil d\'une retouche à la va vite du financement de la sécu et celui de la longue attente d\'une réforme aboutie de la protection sociale.Pas de redressement durable de la compétivité sans réformes structurellesLa question de la compétitivité française de l\'industrie française est-elle résolue pour autant? Les partisans d\'une politique de l\'offre estiment nécessaire d\'aller plus loin. Beaucoup plus loin,  en intégrant des réformes structurelles. «Il faut réformer en profondeur le marché du travail et le marché des biens», estime Gilbert Cette. «Il faut mettre fin aux rentes de situation, ouvrir les barrières à l\'entrée encore existantes dans nombreux domaines». Jacques Attali a pu déclarer que Louis Gallois reprenait son rapport. Sur ce point clé de la concurrence, ce n\'est pas vraiment le cas.

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