Rapport Gallois : "osons le choc de confiance"

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La compétitivité, enjeu clé des 5 ans à venir Il est un seul bénéfice à retenir de cette crise - aussi brutale soit-elle sur le plan social - c\'est qu\'elle nous force à ouvrir les yeux sur l\'urgence absolue dans laquelle se trouve le pays. Le rapport Gallois dresse ce diagnostic sans complaisance ; tous nos indicateurs ont viré ou sont en train de virer au rouge : déficits, dette, balance commerciale, chômage, productivité, substance industrielle, innovation.... Pour inverser la tendance, l\'heure n\'est plus aux demi-mesures, et c\'est bien d\'un choc dont le pays a besoin. Des décennies perdues à retarder les mutations structurelles essentielles doivent désormais être rattrapées dans des délais très courts. L\'enjeu central de ce combat se résume en un seul mot : compétitivité. La capacité de nos entreprises à demeurer concurrentielles dans un environnement de plus en plus ouvert sera le déterminant non seulement de notre avenir économique mais aussi de notre avenir social. C\'est là tout l\'enjeu du rapport Gallois et des suites qui lui seront données.Des recommandations de bon sens On ne peut pas suspecter Louis Gallois de parti pris libéral et sa sensibilité plutôt de gauche est bien connue. Ses recommandations découlent du constat lucide, factuel et objectif des raisons qui expliquent la perte de compétitivité française tant sur le plan des coûts que des facteurs « non coûts ». Elles recoupent d\'ailleurs largement celles déjà proposées par le Syntec Conseil en Management dans son ouvrage « Compétitivité AAA ».. La compétitivité hors coûts des entreprises françaises s\'est dégradée comme en attestent les différents observatoires qui en mesurent l\'évolution chaque année. Pour sortir « par le haut » de cette crise qui va rebattre de façon rapide les cartes de la compétition mondiale, la marque France a besoin de retrouver des avantages concurrentiels qu\'elle a perdus en termes de qualité, d\'innovation et de service. C\'est un volet essentiel du rapport Gallois qui nécessitera un effort de longue haleine porté sur la connaissance et l\'innovation. Parmi les 22 mesures proposées, celles concernant la pérennisation du Crédit Impôt Recherche, le financement des investissements innovants, ainsi que l\'investissement dans la formation et l\'alternance vont toutes dans ce sens. . La compétitivité coût est l\'autre enjeu majeur souligné par le rapport Gallois. Le constat de la baisse relative de notre compétitivité coût est sans appel, comme l\'est sur ce point le comparatif avec l\'Allemagne et son évolution depuis 10 ans. Le poids très élevé du système social français est porté à 70% par le travail via les charges sociales employeurs et employés. C\'est ce fardeau qui pèse de plus en plus sur la compétitivité coût en France. La bonne nouvelle est qu\'il est possible d\'obtenir des effets tangibles sur cette compétitivité coût beaucoup plus rapidement que sur les facteurs « non-coûts » qui ne peuvent eux se modifier que sur le moyen ou long terme. Le moyen le plus efficace et rapide pour y parvenir est celui proposé par Louis Gallois. Il s\'agissait de modifier le financement du système social, en allégeant d\'un montant de 30 milliards d\'euros la part prise par le travail pour la faire porter par la fiscalité (CSG et TVA) et par la réduction des dépenses publiques. Sur ce dernier point les marges de manœuvres restent conséquentes et largement inexploitées, s\'agissant tout autant des services de l\'Etat, des collectivités locales, du système social, que des opérateurs publics.L\'opportunité ratée d\'un chocIl est très positif qu\'à la suite de la présentation du rapport Gallois le gouvernement mette en avant de façon claire la compétitivité coût comme un élément central du problème. En revanche la façon dont il semble vouloir l\'aborder en écartant l\'option préconisée par Louis Gallois ne peut que laisser perplexe. La solution d\'un crédit d\'impôt, le CICE, de 20 milliards montant en puissance sur 3 ans porte à la critique sur plusieurs flancs : 1 - par son montant inférieur à celui proposé par le rapport Gallois, et très inférieur à ce qui serait nécessaire pour rétablir un jeu égal avec les entreprises allemandes par exemples. Rappelons par ailleurs que la fiscalité des entreprises vient d\'être alourdie de 10 milliards ce qui réduit de moitié l\'effet réel de la mesure. 2 - par le calendrier de mise en œuvre : le choix d\'un crédit d\'impôt sur les bénéfices 2013 impliquent que les effets ne commenceront à se faire sentir pour les entreprises qu\'en 2014. Une éternité dans l\'état d\'urgence actuel. 3/ par la complexité prévisible et déjà très critiquée du dispositif à mettre en place.Les mesures du rapport Gallois sur les aspects coûts et non coûts de la compétitivité sont indissociables : ce sont les marges retrouvées par une baisse du coût du travail qui permettront d\'accélérer les investissements pour la compétitivité de demain. Les emplois d\'après demain en dépendent. C\'est seulement appliquées dans leur ensemble (coûts et non-coûts), et avec rapidité que ces mesures peuvent susciter ce choc de compétitivité et de confiance que le bon sens et l\'état d\'urgence imposent. Les implications de mise en œuvre tirées à ce jour par le gouvernement ne semblent pas rendre justice à cet impératif. Il est encore temps de corriger la copie.

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