Les ambitions d'Orange contrariées en Grande-Bretagne

Une bataille pour la domination de la future génération de téléphonie mobile, la 4G, a commencé en Grande-Bretagne. Les concurrents d'Orange et de T-Mobile (propriété de Deutsche Telekom), qui ont annoncé leur rapprochement en septembre dernier, craignent que les deux entreprises ne dominent trop la fréquence 1.800 MHz, qui est particulièrement intéressante pour sa capacité à transporter des gros volumes de données. Or, c'est l'une des clés de la future 4G (également appelée LTE pour « Long Term Evolution »). Les deux sociétés posséderaient, si le joint-venture se réalise, 84 % de ces précieuses fréquences outre-Manche. « Le joint-venture risque de limiter la concurrence dans la future génération de téléphonie », explique un porte-parole d'O2 (propriété de Telefonica).le dernier motPour essayer de limiter cette domination, Vodafone, O2 et 3 (Hutchison), les trois concurrents, souhaitent que le régulateur britannique de la concurrence, l'Office of Fair Trading (OFT), s'occupe de ce dossier, plutôt que la Commission européenne. Dans un premier temps, comme le reconnaît l'OFT lui-même, le dossier sera étudié de Bruxelles, qui devrait s'en saisir dans les semaines qui viennent. Mais dans un deuxième temps, le régulateur national a le droit de demander à se pencher sur la fusion s'il estime qu'il existe des raisons spécifiques concernant son pays. Dans l'histoire de l'OFT, une telle demande ne s'est produite qu'une seule fois. Dans ce cas, c'est lui qui a le dernier mot en ce qui concerne les mesures prises au Royaume-Uni.L'OFT sera-t-il plus sévère que la Commission européenne ? Peut-être, estiment les concurrents d'Orange et T-Mobile, car il irait plus dans les détails. En particulier, il devrait s'intéresser à qui possède les fréquences. « La Commission européenne ne se penchera que sur la structure de le joint-venture, sans entrer dans le détail des fréquences, estime une source d'un des concurrents. Or, si on ne regarde que les parts de marché, il n'y a pas vraiment de raison de bloquer le joint-venture. » Orange et T-Mobile contrôlent ensemble 43 % des clients de la téléphonie mobile. Vodafone, O2 et 3 espèrent que le régulateur britannique, en regardant les fréquences, imposerait comme sanction à Orange et T-Mobile de délaisser une partie de la fréquance 1.800 MHz.Les trois concurrents poussent d'autant plus l'OFT à s'emparer du dossier que celui-ci est plus lent que la Commission, et pourrait ainsi retarder la mise en ?uvre de le joint-venture, qui espère actuellement être opérationnelle mi-2010. « Bruxelles est toujours plus rapide que les régulateurs nationaux », confirme une source du côté du future joint- venture. La bataille légale est lancée. Éric Albert, à Londres

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