Après dix ans de cotation, Devoteam croit encore à la Bourse

Les premiers pas de Devoteam en Bourse ont dû entraîner une certaine griserie chez ses deux cofondateurs, les frères Stanislas et Godefroy de Bentzmann. Introduite le 28 octobre 1999, à 16,10 euros par titre, cette PME de 350 personnes spécialisée dans les infrastructures informatiques avait vu son cours multiplié par quatre en deux mois. Et en mars 2000, au pic de la bulle Internet, sa valorisation dépassait les deux milliards d'euros ! Las, aujourd'hui, alors qu'elle a depuis multiplié son chiffre d'affaires par treize, passant de 35 millions à 455 millions d'euros (chiffre 2008), Devoteam ne vaut plus en Bourse que 185 millions, une valorisation peu ou prou conforme à celle de son secteur.fidèle à sa stratégieLors d'une conférence de presse, Stanislas de Bentzmann est revenu jeudi sur les enseignements retirés de ces dix ans de cotation en Bourse. « Après dix ans de boulot, de développement, nous sommes toujours étonnés des niveaux de valorisation que nous avons », déplore-t-il. « Mais si c'était à refaire, nous le referions. Nous aurions pu grandir doucement en nous autofinançant, mais la Bourse était une nécessit頻, poursuit-il.Assez peu connue du public, Devoteam est une entreprise singulière dans le paysage des SSII françaises. Comme le soulignait l'analyste d'Oddo, Brice Prunas, présent jeudi, elle n'a jamais dévié de son métier initial. « Devoteam n'a jamais voulu devenir une webagency, une SSII généraliste, ou prendre un virage indien. C'est la seule entreprise de cette taille à être restée fidèle à sa stratégie. » Contrôlée et coprésidée par les deux frères de Bentzmann, elle est positionnée sur le seul marché des infrastructures informatiques et télécoms, qui profite actuellement de l'essor du « cloud computing » et de la virtualisation. Une technologie qui permet des économies significatives en faisant tourner plusieurs systèmes d'exploitation sur un même serveur. Avant la récente crise économique, Devoteam dépassait régulièrement 8 % de marge opérationnelle, un niveau solide pour le secteur du service informatique. Pour Stanislas de Bentzmann, la pression de la Bourse peut constituer un stress positif, pour peu qu'on en fasse bon usage. « Il est intéressant d'écouter la Bourse parce qu'elle met souvent le doigt là où ça fait mal. En même temps, il est important de garder ses idées directrices, de refuser les virages que l'air du temps veut imposer, et de bien travailler la stratégie pour éviter la godille. »avantages nombreuxAprès dix ans d'expérience, Stanislas de Bentzmann trouve plusieurs avantages à la cotation. Les possibilités de financement, bien sûr, pour ce groupe qui s'est considérablement développé à l'international et est aujourd'hui présent dans vingt-trois pays. Mais aussi les vertus de la liquidité offerte aux actionnaires, l'exigence de rigueur dans la gestion ? l'entreprise n'a jamais été contrainte à un avertissement sur résultats ? et la notoriété apportée par la cotation. En résumé, la Bourse est un « carburant puissant, mais pas un moteur ».

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