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La revanche de la chimie

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Publié le 07 avril 2011 à 19:27 - Mis à jour le 07 avril 2011 à 19:27

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Sauf grain de sable de dernière minute, Rhodia devrait donc être absorbé par le belge Solvay qui a officiellement déposé mercredi son offre amicale sur le chimiste français. La fusion de ces deux poids moyens européens donnera naissance à un groupe de 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires, douzième mondial du secteur. Les nostalgiques y verront la fin définitive de l'ex-Rhône-Poulenc, dont la pharmacie (Aventis) a été avalée par Sanofi et la chimie (Rhodia) par Solvay. Les tenants du patriotisme économique s'emporteront contre la chute d'un nouveau fleuron industriel tricolore dans l'escarcelle d'un groupe étranger. Après Pechiney ou Arcelor. Les plus optimistes, eux, préféreront y voir une certaine forme de revanche de la chimie, cette « mère de toutes les industries », selon l'expression de Thierry Le Hénaff, le patron d'Arkema.Pendant des années, en effet, les grands groupes présents à la fois dans la chimie et la pharmacie ont privilégié la seconde, aux croissances très fortes et aux plantureux bénéfices, au détriment de la première, polluante et condamnée, pensaient-ils, à un inexorable déclin. Du moins dans les pays occidentaux. La fin des années 1990 avait ainsi vu Rhône-Poulenc, leader hexagonal du secteur, et son homologue allemand Hoechst se débarrasser de leurs chimies respectives en les plaçant en Bourse (sous le nom de Rhodia pour Rhône-Poulenc et de Celanese pour Hoechst), se recentrer sur « les sciences du vivant » (la pharmacie et l'agrochimie) et fusionner leurs activités dans ce domaine. Un projet qui donna naissance au groupe Aventis, finalement absorbé en 2004 par son rival français Sanofi.Avec cette opération, le tandem franco-allemand ne faisait que suivre les traces des deux géants suisses Ciba et Sandoz qui avaient décidé en 1996 de fusionner, pour former Novartis, après s'être débarrassés l'un et l'autre de leur chimie. L'impératif était alors de grossir dans la pharmacie pour faire face à l'explosion à venir des coûts de la recherche et développement nécessaire au renouvellement du pipeline de nouveaux médicaments. Un mouvement qui allait s'amplifier avec les années, donnant lieu à des fusions toujours plus gigantesques entre laboratoires du monde entier.Et la chimie dans tout cela ? Avec ses usines polluantes, ses risques industriels, ses marges plutôt faiblardes, ses performances trop cycliques, elle faisait inexorablement figure de mal-aimée. En 2004, l'allemand Bayer scindait lui aussi une bonne partie de sa chimie, pour l'introduire en Bourse sous le nom de Lanxess. En France, Total faisait de même en 2005 avec la sienne, rebaptisée Arkema. Parmi les groupes multipolaires, rares étaient ceux à vouloir se consacrer exclusivement à ce secteur gourmand en capitaux et réputé pollueur. En Europe, seul le géant allemand BASF semblait avancer à contre-courant de la tendance générale, ayant choisi, dès 2000, de vendre sa pharmacie à l'américain Abbott pour près de 7 milliards de dollars. Voir le belge Solvay s'engager désormais sur la même voie du « tout-chimie », en s'offrant Rhodia après avoir cédé sa pharmacie au même Abbott en 2009, devrait donc mettre du baume au coeur des industriels du secteur. Pourquoi ce retour en grâce de la chimie ? Pour deux raisons essentielles : la fantastique croissance des pays émergents et, paradoxalement, les exigences du développement durable.Comme l'acier ou le charbon, les matières chimiques, plastiques en tête, voient leur demande exploser en Asie ou au Brésil, dans le sillage de l'automobile et de la construction. Et les industriels en profitent. En 2010, l'Asie représentait ainsi 18 % du chiffre d'affaires d'Arkema et elle devrait concentrer la moitié des 360 millions d'euros d'investissements industriels prévus cette année par l'ex-filiale de Total. Et, si l'on en croit les dirigeants de BASF, cette zone absorbera 47 % de la production chimique mondiale à l'horizon 2020, soit davantage que l'Europe et les États-Unis réunis. Ce dynamisme se sent déjà dans les résultats des chimistes les plus internationalisés qui ont renoué l'an dernier avec des marges très confortables.Le deuxième moteur de cette réhabilitation, c'est l'essor des préoccupations environnementales. Pour réduire le poids des véhicules, et donc leur consommation, mieux isoler les bâtiments, rendre les emballages biodégradables, c'est à la chimie qu'il faut faire appel.L'opération Rhodia-Solvay constitue sans doute un choc pour la chimie française. Mais elle recèle finalement de l'espoir pour la chimie mondiale.L'analyse

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