En Inde, un secteur au bord de l'implosion

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« Nous avons obtenu une forte adhésion de la communauté financière. C'est un signe de confiance. Cela devrait donner des idées à d'autres sociétés du secteur. » C'était en août dernier. SKS Microfinance - n° 1 indien du secteur avec 7 millions de clients - venait de lever 251 millions d'euros en faisant son entrée à la Bourse de Mumbai, avec le soutien de George Soros. Depuis, l'entreprise va de scandale en scandale : surendettement, suicides de 17 clients, révélations sur la rémunération des membres du conseil en fonction de la performance boursière, licenciement du président. Depuis le début octobre, l'action a perdu plus de 20 %. Des politiciens de l'Andhra Pradesh, où a éclaté la polémique, encouragent même les emprunteurs à ne plus respecter leurs échéances. Dans ce contexte délétère, la banque centrale indienne planche sur un système de régulation, mais la communauté financière craint qu'elle ne bride la rentabilité du secteur en Inde auquel de grandes banques - locales et étrangères - sont exposées à hauteur de 6 milliards de dollars. Pour calmer la tempête politique et éviter l'effondrement du microcrédit dans le pays, les sociétés du secteur viennent de s'accorder dans l'Andhra Pradesh pour ne plus imposer de taux d'intérêt supérieur à 24 %. « Le secteur est en train de se restructurer », explique un gérant parisien, mais « l'activité doit être plus encadrée, les taux d'intérêt régulés, et l'éthique doit demeurer à la base de l'activité ». « Les suicides sont réels mais quelle est la part de responsabilité de SKS ? Celle d'autres usuriers plus petits est également en jeu, SKS a des pratiques de recouvrement plutôt responsables et c'est peut-être plus facile de taper sur cette société que sur des officines plus petites », remarque Sébastien Duquet, directeur général de PlaNis, l'activité de gestion du groupe PlaNet Finance qui reconnaît toutefois la volonté de SKS de « grandir trop vite » et son opacité sur l'endettement de ses clients. Le scandale SKS a dissuadé d'autres organisations indiennes, dont Basix, de s'introduire en Bourse. Les prêts des banques commerciales au secteur s'asséchant et les pressions politiques s'accentuant, « nous risquons un effondrement » du secteur, a déclaré à l'AFP Vijay Mahajan, le président du réseau des institutions de microfinance. M. B. et E. C.

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