Le sort d'Aldar, le numéro un de l'immobilier d'Abu Dhabi, suspendu à une aide publique

C'est le prix de la bulle, de la fuite en avant. Aldar Properties, le premier promoteur immobilier d'Abu Dhabi, est sur le fil du rasoir. Selon Bank of America Merrill Lynch, pour « survivre » Aldar doit trouver 9,8 milliards de dirhams d'ici à 2011, soit 2,7 milliards de dollars. La dette d'Aldar se monte à près de 26 milliards de dirhams, soit 7 milliards de dollars. « Même si Aldar va bénéficier du soutien de l'État, nous sommes sceptiques sur les termes d'une nouvelle solution de financement », prévient Abdelrali El Jattari, analyste financier auprès de la banque américaine. Aldar doit dévoiler ses résultats trimestriels la semaine prochaine. Les analystes financiers s'attendent à ce que le promoteur accuse des pertes pour le trimestre en cours, le quatrième consécutif. Bank of America Merrill Lynch exprime ses craintes alors qu'Aldar Properties vient d'inaugurer le plus grand parc d'attractions couvert au monde : Ferrari World, à côté du circuit de Yas Marina, qui accueillera prochainement le deuxième Grand Prix d'Abu Dhabi. Pour tenter d'assainir sa situation financière, Aldar a vendu pour 2,5 milliards de dollars d'actifs situés sur Yas Island à l'Émirat d'Abu Dhabi. Sorouh Real Estate, le deuxième promoteur d'Abu Dhabi, qui construit des centaines de maisons et de bureaux, a lui aussi besoin de fonds. Les leçons de la criseConscient que le pétrole n'est pas éternel, les Émirats arabes unis se sont lancés à corps perdu dans l'immobilier pour créer de nouvelles ressources de revenus... sans anticiper la crise. L'impact financier d'une telle dérive aurait pu s'avérer plus grave : selon le « Financial Times », la banque HSBC pour le Moyen-Orient estime qu'en raison de la crise, 75 milliards de dollars de projets de constructions ont été reportés ou annulés aux Émirats. La crise financière a suscité une chute des prix immobiliers de moitié à Dubai et de plus de 30 % à Abu Dhabi depuis leur point haut de la mi-2008. « Nous constatons une plus grande discipline financière de la part des promoteurs d'Abu Dhabi », s'est félicité la semaine dernière John T. Livingston, président du promoteur immobilier américain Tishman Construction Corporation, en dépit des déboires d'Aldar. « Nous avons observé les erreurs et les succès des autres (Émirats) et avons appris à gérer notre propre développement », a indiqué à l'agence Bloomberg Mubarak al-Muhairi, en faisant référence à Dubai, où la direction d'Emaar Properties estime qu'il faudra vingt mois pour absorber l'excès de l'offre de bâtiments. Abu Dhabi et ses promoteurs, dont Aldar et Sourouh Real Estate, ont beau assurer avoir tiré des leçons de la crise, soixante nouveaux hôtels devraient être construits dans l'Émirat d'ici à 2015. Sophie Sanchez

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