EADS  : incertitude sur l'actionnariat allemand

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À l'heure actuelle, personne ne sait ce qu'il adviendra, dans six mois, d'une part de 7,5 % du capital d'EADS. Le 1er juillet 2010, en effet, expire un montage décidé en 2007 lors du désengagement partiel de Daimler. Depuis la création du groupe européen d'aéronautique et de défense en 2000, Daimler est l'actionnaire de référence allemand, impliqué dans le pacte d'actionnaires pour faire respecter le difficile équilibre franco-allemand face aux intérêts tricolores représentés par l'État français et Lagardèrerave;re. En février 2007, Daimler, qui possédait 22,5 % du capital, a ramené sa participation à 15 % en cédant 7,5 % à un consortium de banques allemandes, tout en conservant les droits de vote liés à une part de 22,5 %. Côté français, Lagardèrerave;re avait fait de même, en passant progressivement à 7,5 %, Paris gardant ses 15 %.À qui reviendront ces 7,5 % côté allemand ? À l'État ? À Daimler ? Aux banques ? Au marché ? Personne ne sait. Dans une interview à paraître ce mardi dans le quotidien allemand « Handelsblatt », Bodo Uebber, président du conseil d'administration d'EADS et directeur financier de Daimler, estime qu'« il existe trois options. Le gouvernement allemand pourrait exercer son droit de préemption sur ces actions. Une autre variante consisterait à ce que nous [Daimler, Ndlr] rachetions ces titres. Mais, attention, [?] les banques peuvent aussi conserver ces options ». Une voie qui semblerait avoir ses faveurs. Le président d'EADS exclut une remontée de Daimler au capital. La participation « restera à 15 % » et sera « conservée à long terme », indique-t-il. Quant à l'entrée de Berlin au capital, il avoue ne pas pouvoir totalement l'exclure [?] mais « l'actuelle structure actionnariale fonctionne bien. La stabilité est dans l'intérêt de chacun ». Renflouées par l'État pendant la crise, les banques risquent d'être contraintes de rester au capital, le gouvernement redoutant une vente de titres sur le marché qui affaiblirait les positions allemandes. Bodo Uebber balaie l'éventuelle entrée d'un nouvel actionnaire de référence de la région du Golfe par exemple, une option qui ne serait pas selon lui, « une solution viable pour EADS à l'heure actuelle ».2012 : échéance crucialeDerrière cette question très allemande, se cache tout le problème du tour de table d'EADS avec deux actionnaires privés, Daimler et surtout Lagardèrerave;re, qui n'ont pas vocation à rester au capital, du moins à long terme. « Par ricochet, explique un analyste, cela peut créer des tensions avec la direction qui peut être bridée dans sa stratégie par ces deux actionnaires sortants. ll faudrait trouver de nouveaux investisseurs pour redonner une impulsion à EADS. »Dans ce débat, 2012 constitue une autre échéance cruciale. C'est à ce moment-là, en vertu du dernier accord de 2007 sur la gouvernance du groupe, que les rôles doivent s'inverser entre Français et Allemands. Avec un Allemand à la place de Louis Gallois à la présidence exécutive et Arnaud Lagardèrerave;re à la tête du conseil d'administration.

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