Quand les Texans deviennent procubains

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« Il est temps de passer à autre chose. » « Nous commerçons avec bien d'autres pays qui ne sont pas démocratiques » : ces propos, ce sont les « farmers » américains qui les tiennent à propos de Cuba. Y compris les producteurs de riz du Texas, État pourtant connu pour son conservatisme. Que Cuba soit l'un des derniers pays communistes de la planète, soumis depuis 1962 à un embargo de la part de Washington, peu importe. Ce que veulent ces professionnels, c'est un allégement de certaines restrictions commerciales, afin de pouvoir vendre du riz et d'autres denrées agricoles aux Cubains. Ils militent depuis de longs mois. Et ont trouvé une source d'espoir dans les propos du représentant au Commerce, Ron Kirk, tenus il y a quelques jours devant une commission du Sénat. « Cuba représente une occasion extraordinaire » pour les producteurs agricoles américains, a-t-il assuré, pour ajouter que le Congrès n'avait plus qu'à assouplir les règles commerciales vis-à-vis de l'île. Pour l'heure, l'agence d'importations cubaine ne peut pas, légalement, transférer directement des fonds à une banque américaine pour le paiement d'une cargaison de riz (dont les Cubains sont les plus gros consommateurs par tête de la Caraïbe). L'argent passe par un pays tiers, la France par exemple, avec le Crédit Agricolegricole, pour être ensuite renvoyé dans une banque américaine. « Cela ralentit les opérations et coûte plus cher, puisqu'il y a deux opérations de change au lieu d'une », explique Parr Rosson, professeur d'économie agricole à l'université du Texas. Et si La Havane a bien acheté un peu de blé, de maïs et de soja aux Américains ces derniers temps, cela fait deux ans que le régime castriste préfère se fournir en riz auprès de la Chine, de la Thaïlande, et surtout, du Vietnam. Riz américain plus cherOr, avec une demande de plus d'un demi-million de tonnes de riz par an, l'île pourrait être un débouché appréciable pour les riziculteurs du Texas et de l'Arkansas. La production texane est d'environ 600.000 tonnes par an. Mais si les Cubains se privent de riz américain, c'est aussi parce qu'ils n'ont plus les moyens de l'acheter. Non seulement il est est plus cher (et de meilleure qualité) que le riz asiatique, mais en plus, La Havane doit faire face à un recul de ses rentrées de devises. Le tourisme a diminué et les exportations de nickel, dont l'île est productrice, sont en baisse - de même que les cours. Les possibilités pour les Cubains-Américains, accrues par l'administration Obama, d'envoyer des fonds à leur famille, ne compensent pas le manque à gagner sur le nickel. Reste qu'un allègement des règles commerciales aura, de l'avis du professeur Rosson, du mal à être adopté par le Congrès avant les législatives de novembre. Le texte est encore coincé dans diverses commissions parlementaires actuellement. Lysiane J. Baudu

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