La réforme électorale, clé des négociations

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La démocratie britannique est en crise. Déjà mis à mal par le scandale des notes de frais des députés, les hommes politiques britanniques se trouvent à présent face à un système électoral à bout de souffle. Un tiers des électeurs ont voté pour un « petit » parti, c'est-à-dire ni pour les conservateurs, ni pour les travaillistes. « Cela marque la fin du bipartisme », souligne Patrick Dunleavy, politologue à la London School of Economics. Pourtant, les deux grands partis vont dominer 85 % de la Chambre des communes. Ce phénomène est lié au mode de scrutin, uninominal à un tour, qui favorise les partis qui ont des bastions locaux. Les libéraux-démocrates sont ceux qui souffrent le plus de ce système. Leur soutien est réparti équitablement à travers le pays, et ils terminent presque partout en deuxième ou troisième position, échouant à obtenir des élus. S'ils n'ont pas réussi la percée qu'ils espéraient, ils ont quand même rassemblé 23 % des voix lors du scrutin de jeudi. Pourtant, leur nombre de députés recule (de 62 à 57), représentant moins de 9 % du total.une dose de proportionnelleC'est pour cette raison que l'une de leurs principales revendications est un changement du mode de scrutin, pour introduire une dose de proportionnelle. Mais les conservateurs ne veulent pas en entendre parler. Ce système leur permet de largement dominer le paysage politique, avec seulement 36 % des voix. Gordon Brown, toujours en embuscade (il est encore Premier ministre...), cherche à sauver son fauteuil en proposant une « législation immédiate » pour changer le mode de scrutin. Pour les libéraux-démocrates, c'est une chance historique : après une telle réforme, ils sont certains de fortement augmenter leur présence à la Chambre des communes, améliorant à jamais leur poids politique. Ils hésitent, de crainte d'apparaître comme le sauveur d'un Gordon Brown usé et impopulaire. Mais la tentation est grande.D'autant que, même si les libéraux-démocrates choisissent les conservateurs, une réforme du système politique paraît à terme quasiment inévitable. La justification du mode de scrutin était la formation de majorités stables et de gouvernements forts. Or le résultat de ce scrutin met fin à cet argument. Le système fonctionnait tant que les deux principaux partis dominaient le paysage politique (en 1951, ils recueillaient 96 % des voix). Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les Britanniques vont devoir s'inventer une nouvelle façon de faire de la politique, et découvrir les joies des coalitions. E. A.

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