L'épine dans le pied de Vivendi

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L'opportunisme est certainement une des clés de la réussite dans les affaires. Et, jusqu'ici, Vivendi s'en sort plutôt bien. Le groupe a bien sûr une stratégie assumée dans ce qu'il appelle l'« entertainment » (le divertissement) et la communication. Son but ? Se développer sur des métiers en croissance plus rapide que le PIB, dans la production et la distribution de contenus et de services aux particuliers. Son mode opératoire ? Améliorer la performance de chaque entité en laissant une grande autonomie à chaque patron, et réaliser des acquisitions ciblées au gré des opportunités. Le groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy a ainsi étudié de très nombreuses acquisitions ces dernières années, renonçant souvent pour de bonnes raisons de prix : Zain (télécoms au Moyen-Orient et en Afrique), Digital Plus (télévision en Espagne), Oger (télécoms au Moyen-Orient), PagesJaunes (annuaires en France), etc. Parfois, les opérations se concrétisent : mariage avec Activision (jeux vidéo aux États-Unis) et acquisition de Neuf Cegetel (téléphonie fixe et Internet en France). Au final, la performance financière du groupe est bonne. Pourtant, il reste entravé dans son développement, car Jean-Bernard Lévy n'est pas vraiment maître chez lui. L'opération annoncée hier (lire page 12) en apporte une preuve supplémentaire. Joli coup que ce projet de débarquement dans les télécoms au Brésil en proposant 2 milliards d'euros pour un petit opérateur Internet qui a le vent en poupe : plus de 30 % de croissance annuelle, cela fait rêver. Mais l'opération, si elle se concrétise, est réalisée par Vivendi et non par SFR, son fer de lance dans le fixe et le mobile. Parce que Vivendi ne détient « que » 56 % du premier concurrent d'Orange en France, tandis que le géant Vodafone en conserve 44 %. Et Jean-Bernard Lévy a beau répéter année après année qu'il serait heureux de monter à 100 %, rien ne bouge. Cela complique beaucoup les choses (intégration, synergies, gestion des carrières?) quand le contrôle des filiales est partagé. Or Vivendi se retrouve dans une situation similaire dans la plupart de ses métiers : il ne détient que 54 % de ses jeux vidéo (Activision Blizzard), 53 % de Maroc Télécom et 65 % de Canal Plus France. Seul Universal Music est détenu à 100 %. Cela n'a pas empêché Vivendi d'avancer, mais cette épine dans le pied devrait faire réfléchir France Télécome;lécom au moment où il s'engage dans la création d'une filiale à 50-50 en Grande-Bretagne avec Deutsche Telekom. jbjacquin@latribune.frJean-Baptiste Jacqu

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