Fillon est remis en selle

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Invité ce soir du 20 heures de TF1, François Fillon devrait avoir le triomphe modeste. Pourtant, le Premier ministre est bien décidé à marteler que l'arbitrage sur la taxe carbone, annoncé ce matin par Nicolas Sarkozy, n'est pas si éloigné que cela de ce que lui-même avait annoncé ? certes prématurément ? dans sa fameuse interview du « Figaro Magazine » de la semaine dernière. N'y avait-il pas affirmé que la future taxe serait « mise en place en 2010 sur une base proportionnelle et compensée par la réduction d'autres prélèvements » ?Une façon pour le Premier ministre de minimiser les couacs au sein de l'exécutif, mais aussi de laver l'affront qui lui a été fait par le président lorsque celui-ci a lâché qu'il n'avait pas pris le temps de lire l'interview de son Premier ministre? Très vite d'ailleurs, l'Élysée s'est rendu compte de la bévue présidentielle. Dès le week-end dernier, lors de l'université d'été de l'UMP à Seignosse, les missi dominici de la présidence se sont répandus auprès des journalistes et des parlementaires de la majorité présents pour relativiser l'incident et affirmer que Matignon et l'Élysée étaient sur la même longueur d'onde. Lors de son voyage officiel au Brésil, en début de semaine, Nicolas Sarkozy lâchait d'ailleurs : « Il n'y a pas de problème entre François et moi. Ce que dit le Premier ministre me va très bien. » Preuve supplémentaire des bonnes dispositions à l'égard du chef du gouvernement : l'Élysée a laissé à Fillon le soin d'annoncer, mardi, devant les députés UMP, une baisse de l'IR pour compenser la taxe carbone.Si l'Élysée a mis autant d'huile dans les rouages, c'est que le président n'a aucun intérêt à faire de Fillon une victime expiatoire en cette rentrée. Du côté des élus UMP, en effet, le sort fait au Premier ministre la semaine dernière a suscité une certaine réprobation, perceptible à Seignosse. Beaucoup de parlementaires UMP estiment que l'Élysée les traite trop souvent par dessus la jambe, comme c'est le cas avec Fillon. Or le président va avoir besoin de ce dernier pour faire passer des projets qui suscitent la grogne dans les rangs UMP : réforme territoriale, taxe professionnelle, économies sur la Sécurité sociale? sans parler de la taxe carbone.Mettre Fillon hors jeu, c'était aussi prendre le risque pour Sarkozy de laisser davantage d'espace politique à Jean-François Copé, le patron des députés UMP, qui se présente de plus en plus comme un contre-pouvoir.Patrick Coquidé

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