Kraft formalise son offre de 11 milliards d'euros sur Cadbury
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groalimentaireLe temps joue pour Kraft Foods dans sa conquête de Cadbury. En tout cas, faute de chevalier blanc venu courtiser le confiseur britannique, le géant américain de l'alimentation est prêt à mener une longue bataille pour remporter sa proie sans la surpayer. Kraft Foods a officialisé hier son offre d'achat hostile sur Cadbury, accordant des conditions identiques à celles détaillées dans sa proposition informelle de début septembre, soit 300 pence en numéraire et 0,2589 titre du groupe américain par titre Cadbury. Mais cette offre valorisait hier Cadbury à hauteur de 9,8 milliards de livres (10,97 milliards d'euros) contre 10,2 milliards initialement. De fait, elle a été jugée « dérisoire » par le conseil d'administration du numéro deux mondial de la confiserie, qui l'a rejetée.Le lancement formel de cette offre accorde environ trois mois à Kraft Foods pour convaincre les actionnaires de Cadbury de lui apporter leurs titres. « Personne n'ayant fait de contre-proposition, Kraft lance en fait une offre contre lui-même », ironise Erin Swanson, analyste chez Morningstar. De part et d'autre de l'Atlantique, les opérateurs de marché estiment que l'américain a maintenu les termes de son offre pour éviter d'avoir, à terme, à les augmenter de façon substantielle, mais que, in fine, il sera obligé d'accroître la part en numéraire. Car Kraft Foods devra satisfaire les hedge funds qui ont renforcé leurs positions dans le capital de Cadbury et relever son prix si l'action du britannique augmentait du fait de bonnes performances commerciales en fin d'année.détrôner MarsAvec Cadbury, l'américain vise plusieurs objectifs : dynamiser ses ventes, alors qu'il vient de ramener leurs perspectives de progression de 3 % à 2 % pour cette année, se renforcer au Royaume-Uni et dans les pays émergents, dont l'Inde. Ce mariage permettrait aussi à Kraft Foods de détrôner son compatriote Mars de son rang de numéro un mondial de la confiserie. Des arguments auxquels reste insensible la direction de Cadbury, qui a martelé hier qu'elle ne voyait pas l'intérêt de rejoindre un « conglomérat à faible croissance ».Éric Chalmet, à New York
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