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Publié le 10 novembre 2009 à 00:46 - Mis à jour le 10 novembre 2009 à 00:46

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MODEAprès dix ans de vie dans la finance en tant que vendeur d'actions en salle de marché à Francfort et Zurich pour des sociétés telles que Paribas, UBS et Nomura, un matin, Mathieu Vinson en a eu assez. À 36 ans, de plus en plus rétif à la hiérarchie, lassé du cumul des signes extérieurs de richesse qui signent la réussite mais ne nourrissent pas l'âme, il a décidé de donner un autre sens à sa vie. « J'avais envie de créer mon entreprise. Je voulais développer un projet à taille humaine pour pouvoir maîtriser tout le processus de fabrication à la commercialisation, sans avoir à faire de compromis. » Son idée ? Concevoir des chemises sur mesure pour une clientèle qu'il connaît à merveille : ses anciens collègues. Avec son frère Thomas, un artiste de 39 ans, qui veille à la partie visuelle (campagne de pub, site Internet), il a lancé en juin 2008 sa marque, Fratelli (frères en italien). Aujourd'hui, son carnet de commandes répertorie pas moins de 200 clients réguliers, qui, à Zurich, Francfort ou Paris font appel à ce service de chemises sur mesure. Politiciens, avocats, entrepreneurs, rentiers richissimes...bouche-à-oreilleEssentiellement connu pour le moment par bouche-à-oreille, et cooptation, Fratelli fonctionne sur rendez-vous. Un client contacte Mathieu ou son agent à Francfort, un rendez-vous est pris, l'un ou l'autre se déplace pour la prise de mesures (Mathieu a suivi une formation auprès de son fournisseur italien, basé à Turin, avec 4 personnes à l'atelier) et, six à huit semaines plus tard, la chemise est livrée à domicile, ou au bureau, selon la demande, enveloppée dans un papier semi-transparent et boîte en carton. En tant qu'ancien client d'Hugo Boss et d'Arnys, Mathieu a toujours développé une appétence particulière pour les belles matières. Pour lui, la chemise idéale se taille dans une sélection de tissu des cotons (une vingtaine pas plus, du super 150 au super 200, selon la douceur désirée et la tenue préférée ; plus le tissu est fin, plus les couleurs sont vives ou douces mais il se froisse et s'use plus vite), de motifs rayés ou unis (avec une dominante de tons pastels) et des détails (les boutons sont en nacre australienne, la seule capable d'offrir une épaisseur de 4 mm, les renforts sont en soie travertino, la couture de la manche à l'épaule est renforcée à la main, les boutonnières sont cousues au motif de fleur de lys, le liseré rouge signe la griffe). Le client a le choix entre quatre cols (le button down à deux boutons, le requin plus large et surdimensionné, le requin classique à un bouton et le col pointu àdeux boutons). Deux coupes possibles : slim ou normal. D'une manière générale, la signature de la chemise s'apparente plutôt au style italien. prix unique : 320 eurosContrairement à la concurrence, le prix pratiqué pour chaque chemise est unique : 320 euros (comptez en moyenne à partir de 400 euros chez Charvet et 500 euros chez Arnys). À ce prix, les master clients les commandent par dizaines. Mathieu Vinson a réussi son pari. Il peut envisager l'avenir sereinement. « Avec la crise, les financiers regardent plus que jamais la qualité. Et nombre d'entre eux préfèrent acheter dix chemises sur mesure plutôt que d'en accumuler quarante dans leur armoire. On a changé d'époque. Et de philosophie. » n

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