L'euphorie règne à Bruxelles et Strasbourg

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Le landerneau bruxellois exulte. Vendredi, Jacques Delors déclarait à « La Tribune »?: « À force de tergiverser [les pays de la zone euro] ont avivé la spéculation, renforcé les doutes et l'euroscepticisme. À présent, ils doivent donc se rattraper. » Les Européens ont réussi à se « rattraper » en 48 heures, faisant souffler un vent d'euro-optimisme. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a clamé la dimension « historique » de la décision de créer un mécanisme de stabilisation financière, estimant que « cet accord assurera que toute tentative de fragiliser la stabilité de l'euro échouera ». L'accord constitue une « formidable nouvelle » pour le patron des libéraux au Parlement européen, Guy Verhofstadt. « L'ampleur du mécanisme de stabilisation et l'intervention spectaculaire de la BCE, dont je salue l'évolution de sa doctrine concernant le rachat des obligations d'État, redonnent une crédibilité forte à l'euro et valident la thèse selon laquelle l'Union fait la force », considère-t-il. « Les mesures arrivent tard mais, espérons-le, pas trop tard... » confie l'Allemand Martin Schulz, chef de file des eurodéputés socialistes, qui juge néanmoins que « les bonnes mesures » ont été prises et qu'elles « devraient à présent apporter la stabilité à la zone euro ». L'eurodéputé Liêm Hoang Ngoc se réjouit que « deux tabous soient tombés ce week-end », avec « la mise en oeuvre de modes alternatifs de financement des dettes souveraines » et l'autorisation du « financement par l'emprunt de la solidarité européenne ». Le socialiste considère que « ces deux événements créent un précédent et dotent la zone euro de nouveaux instruments de gouvernance économique ». embryon de solidaritéLe plus important de l'accord, pour l'eurodéputé UMP Alain Lamassoure, ce sont les 60 milliards d'euros du volet communautaire, embryon de solidarité européenne?: « Oui, on aurait pu aller plus loin, mais c'est déjà une telle percée que je m'en délecte. » S'il considère que « la réaction de l'Europe est exemplaire », son collègue Philippe Juvin y voit surtout la touche de Nicolas Sarkozy?: « La France a su vaincre les hostilités de quelques-uns de ses voisins, estime-t-il. L'Europe a retrouvé le dynamisme de la présidence française de l'UE. » Zsolt Darvas du « think tank » Bruegel rappelle tout de même que la compétitivité de la Grèce et des pays méditerranéens constitue un problème plus important qui reste en suspens?: « Le défaut de la Grèce n'est que remis à plus tard, dans deux ou trois ans. » Mais l'économiste est néanmoins persuadé que « la zone euro sortira renforcée de cette crise ». Yann-Antony Noghès, à Bruxelle

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