Heineken réalise une grosse acquisition en rachetant le mexicain Femsa

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« Une autre s'il vous plaît ! », ou plutôt « Otra mas por favor ! ». Heineken avance un pion supplémentaire sur le grand jeu de la consolidation mondiale de la bière en rachetant les marques de mousse du mexicain Fomento Economico Mexicano SAB ou Femsa, dont Dos Equis, Tecate ou Sol. Cette opération toute en actions de 3,8 milliards d'euros (5,3 milliards avec la dette et les engagements sur les retraites) permet à Heineken de faire un grand pas en direction des pays émergents, où se concentre l'essentiel de la croissance (voir ci-contre).Jusqu'à maintenant, le brasseur néerlandais, troisième mondial derrière Anheuser-Busch-Inbev et SABMiller, était le seul a se spécialiser sur les marchés matures, notamment l'Europe qui représentait plus de 70 % de ses bénéfices. L'acquisition conjointe avec son rival danois Carlsberg de Scottish & Newcastle, en janvier 2008 pour 10,5 milliards d'euros, avait encore renforcé ses positions, notamment en Grande-Bretagne et au Portugal.Avec Femsa, Heineken obtient désormais 43 % du marché mexicain, le quatrième plus profitable au monde, ainsi que 9 % du marché brésilien. Il sécurise également ses exportations de bière mexicaine vers les États-Unis puisqu'il distribuait déjà les marques de Femsa dans ce pays. « Le rééquilibrage de notre business vers les pays émergents était une nécessit頻, a reconnu le PDG d'Heineken, Jean-François Van Boxmeer. « Heineken se devait de remporter la partie car elle avait beaucoup plus à perdre que SABMiller, qui était aussi sur le coup », explique Paul Curran, analyste chez Euromonitor. En effet, outre son partenariat aux États-Unis, qu'elle aurait sans doute perdu en cas de victoire de SABMiller, Heineken détient 16 % de Femsa au Brésil et cette acquisition était surtout considérée par tous comme sa dernière chance d'obtenir une taille critique en Amérique latine.Heineken devient désormais un très solide numéro trois mondial en passant de 6,9 % à 9,2 % de part de marché, soit seulement 0,3 point de moins que le numéro deux SABMiller. Grâce à ce rachat, le groupe s'attend à dégager 150 millions d'euros d'économies annuelles d'ici à 2013. Il annonce par ailleurs que les marques Dos Equis et Sol ont un fort potentiel de développement en Europe et qu'il pratiquera une stratégie de montée en gamme au Mexique et au Brésil. Les analystes, eux, sont sceptiques. « Ce sont des marchés où plus de 90 % de la bière consommée est standard et il y a peu de chance que cela évolue rapidement », souligne Paul Curran. Le doute vient aussi du prix d'acquisition. « C'est quand même cher payé, avec un bénéfice par action dilué de 8 % la première année et de 5 % la deuxième, avant d'être relutif en année trois seulement », s'étouffe un autre, qui préfère garder l'anonymat. Ce doute est partagé par SABMiller, qui a préféré se retirer des négociations, notamment à cause du business peu reluisant de Femsa au Brésil. Mais le géant d'Afrique du Sud n'avait pas autant besoin de ce rachat que son rival hollandais, qui réalisera désormais 40 % de son bénéfice opérationnel dans les pays émergents contre 32 % précédemment. Sophie Lécluse

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