La résistance du dollar mise à l'épreuve

Les acteurs du marché des changes, qui étaient restés modérément optimistes après la publication vendredi d'un rapport sur l'emploi américain pour le moins décevant, ont fait leurs comptes pendant le week-end. Et opté lundi pour un accès de mauvaise humeur à l'encontre du dollar. Ils ont fait retomber le billet vert à son plus bas niveau depuis trois semaines face à l'euro, remonté au-dessus de 1,45 et surtout se sont précipités sur les monnaies matières premières, non seulement attrayantes pour leurs rendements mais aussi pour le dynamisme retrouvé des économies qu'elles représentent. C'est ainsi que le dollar canadien est remonté à son meilleur niveau depuis octobre face au grand frère des États-Unis. Le « huard » s'est ainsi rapproché de la parité avec le dollar qu'il avait abandonnée à l'été 2008, pour se hisser jusqu'à 0,9750. Le dollar australien, fort de ses taux relevés à trois reprises depuis octobre pour offrir un rendement de 3,75 %, s'est propulsé à un point haut de cinq semaines refranchissant le cap de 0,93. L'« aussie », tout comme bon nombre de monnaies asiatiques tel le won sud-coréen, ont profité de première reprise des exportations de la Chine depuis quatorze mois. Ces exportations ont même fait un bond de 17,7 % sur un an en décembre, tandis que les importations, en progression de 55,9 %, battaient tous leurs records. Pour trois des quatre stratèges changes du panel de l'agence Bloomberg, dont les prévisions ont été les plus performantes en 2009, le huard et l'aussie s'apprécieraient respectivement de 3 % et 8 % face au dollar cette année, de sorte que tous deux refranchiraient la parité. La reprise économique mondiale renforcera la demande de pétrole et de gaz naturel du Canada et augmentera les achats de minerai de fer et de charbon de l'Australie, dopant leurs monnaies respectives. Le rebond de l'euro face au dollar apparaît plus déroutant. Surtout après les derniers rebondissements du week-end sur les dettes souveraines. L'agence Moody's aurait, selon le « Financial Times », menacé de dégrader à nouveau la note A + du Portugal, si le pays ne prend pas des mesures crédibles pour contrôler son déficit budgétaire, qui devrait atteindre 8 % du PIB en 2009 contre 2,8 % en 2008. Le sursaut de la monnaie unique tient à la perception que, contrairement aux récentes attentes, la reprise de l'économie américaine ne sera ni plus rapide ni plus forte que celle de la zone euro et que la Réserve fédérale prendra son temps pour sortir de sa politique de taux voisins de zéro. n

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