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Pourquoi Berlin fait du zèle budgétaire

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Publié le 11 mars 2013 à 22:03 - Mis à jour le 11 mars 2013 à 22:03

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L’Allemagne refuse d’abandonner la rigueur budgétaire. Selon la Süddeutsche Zeitung de ce lundi, le gouvernement fédéral devrait annoncer mercredi un projet de déficit du budget fédéral pour 2014 d’environ 7 milliards d’euros. Ce serait environ moitié moins que ce qui avait été envisagé jusqu’ici et ce serait un niveau jamais atteint depuis 2000.Dans les discussions budgétaires en cours, le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, a donc imposé son choix de faire de la consolidation budgétaire une priorité du prochain budget. Angela Merkel lui a donné raison contre plusieurs de ses collègues qui demandaient que l’on lève un peu le pied. Selon Der Spiegel, même le FMI réclamerait dans son prochain rapport sur l’Allemagne, un peu plus d’investissement public afin de favoriser le potentiel de croissance du pays sur le long terme.Un zèle budgétaire très stratégiqueIl est vrai que, dès cette année, le budget fédéral allemand sera dans les clous de la « règle d’or » constitutionnelle qui ne réclame un déficit « structurel » maximal de 0,35 % du PIB. Sauf que cette règle ne s’appliquera qu’en 2016… Autrement dit, Wolfgang Schäuble fait du zèle. Il envisagerait même de consacrer les excédents considérables des comptes sociaux allemands, notamment de l’assurance-maladie et de l’assurance-retraite, aux remboursements de la dette. Berlin veut donc, plus que jamais, apparaître comme le bon élève budgétaire de l’Europe.Ce « zèle budgétaire » s’appuie au moins sur deux excellentes raisons. La première, c’est la position européenne de l’Allemagne. En affichant des finances publiques irréprochables, Berlin est en position de force pour négocier avec des « partenaires » qui ne parviennent pas à consolider leurs budgets : non seulement ceux du « sud », mais aussi la France ou encore les Pays-Bas… De plus en plus, la crédibilité de la zone euro vis-à-vis des marchés dépend de celle de l’Allemagne. Mais en retour, le poids de l’Allemagne dans les décisions européennes est proportionnel à l’amélioration de sa position budgétaire.Couper l’herbe sous le pied des adversaires politiques d’Angela MerkelDeuxième raison : les élections fédérales de septembre. Depuis une semaine, Angela Merkel doit faire face à un nouveau parti, Alternative für Deutschland (AfD), qui prône une sortie de la zone euro en raison du coût du « sauvetage de l’euro » pour le contribuable. Selon un sondage réalisé par l’institut Emmid, 26 % des électeurs allemands pourraient voter pour cette formation. C’est donc un vrai danger pour la CDU d’Angela Merkel qui caracole en tête des sondages actuellement avec une avance sur la SPD comprise entre 13 et 15 points.En accélérant la consolidation budgétaire, la chancelière entend couper l’herbe sous le pied des Eurosceptiques pour leur montrer que l’impact sur le budget fédéral des aides aux pays européens en difficulté est sans impact. Elle se drape également dans le costume très apprécié outre-Rhin de la bonne gestionnaire, ce que, en Allemagne, on appelle la « mère de famille souabe » (Schwäbische Hausfrau) qui économise et épargne l’argent de son foyer. Il lui sera, alors, aisé de repousser les arguments d’AfD sur sa politique « dangereuse » et de rejeter l’accusation sur son adversaire social-démocrate favorable à une plus grande « socialisation des dettes » en Europe. Ce budget 2014, qui sera appliqué par le futur gouvernement est donc un budget avant tout politique.Un adieu au rééquilibrage de la zone euroReste que cette obsession consolidatrice pose le problème du rééquilibrage européen. En accélérant le pas sur le plan budgétaire, l’Allemagne affiche une fin de non-recevoir à ceux qui souhaitent que Berlin réalise une « réévaluation interne » pour répondre aux « dévaluations internes » des autres pays et, ainsi, favorise par un peu de relance, la croissance chez ses partenaires et donc leur consolidation budgétaire. Plutôt que cette stratégie, l’Allemagne privilégie une politique de stricte autonomie budgétaire accompagnée d’une aide – conditionnelle – en cas de besoin. Angela Merkel estime que cette stratégie est moins coûteuse pour son pays que de devoir perdre de la compétitivité et donc de la croissance potentielle. Il est vrai que, pour le moment, le sauvetage de l’euro n’a pas coûté cher aux contribuables allemands puisqu’il a pris la forme soit de garanties non appliquées, soit d’un emprunt de la banque publique KfW avec garantie fédérale. Seul l’apport au capital du Mécanisme européen de Stabilité (en tout 22 milliards d’euros) devra être réellement dépensé.

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