Quelles recettes américaines et quelle transposition possible ?

Une politique monétaire réactive. La Réserve fédérale a pris le taureau par les cornes dès le début de la crise, il y a un an ; elle a réduit ses taux d'intérêt de 5,25 % à 2 % actuellement. Dans un pays où les allocations chômage durent six mois, la Fed donne autant la priorité à la croissance qu'au marché de l'emploi.Et dans la zone euro ? Jusqu'ici, la BCE a surtout été préoccupée par la lutte contre l'inflation - même si son mandat inclut également, selon le traité, la promotion de la croissance, avec un niveau d'emploi élevé.Une harmonie parfaite. Le secrétaire au Trésor et les autorités monétaires travaillent toujours main dans la main outre-Atlantique. C'est particulièrement le cas de Henry Paulson (Trésor) et Ben Bernanke (Fed) depuis la crise. Les deux s'accordent également sur une politique de " douce négligence " vis-à-vis du dollar. La baisse de la monnaie américaine a stimulé les exportations et l'activité économique.À la BCE, le gouverneur n'a pas un seul interlocuteur du côté budgétaire, mais quinze. Il n'existe pas de fédéralisme dans ce domaine. Souvent critiqué pour sa politique de l'euro fort, le gouverneur est jaloux de son indépendance.Une relance rapide. Dès le mois de février dernier, le Congrès élabore un plan de relance de 170 milliards de dollars, dont une partie consacrée à des remboursements d'impôts aux ménages. Du coup, après s'être affiché à 0,9 % au premier trimestre, le taux de croissance en rythme annuel a atteint 3,3 % au deuxième.En Europe, si certains pays comme l'Espagne ont de quoi dépenser pour relancer la croissance, d'autres, dont la France, n'en ont pas les moyens. Quant à l'Allemagne, elle pourrait le faire, mais estime que ce n'est pas nécessaire, même si cela aiderait indirectement la France.Du laisser-faire à l'interventionnisme. Adeptes du " laisser-faire ", les Américains ont abandonné provisoirement cette idéologie face à la crise, pour agir (nationalisation ou aide à la recapitalisation d'institutions financières) à plusieurs reprises.Difficile, en ces temps de libéralisme, d'imaginer la même chose dans tous les pays d'Europe.Une mobilité géographique. Pas de travail en Louisiane ? Je pars dans le Nevada ! Dans un espace géographique intégré, avec la même langue, la réactivité des agents économiques sert d'amortisseur à la crise. Impossible pour l'instant, d'envisager l'équivalent en Europe...

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