La filière acier voit ses coûts s'envoler

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Premier consommateur mondial de minerai de fer, la Chine a vu ses importations atteindre 59 millions de tonnes en mars. Après avoir englouti 628 millions de tonnes l'année dernière, le pays continue de consommer des quantités impressionnantes de minerai, tout comme les autres pays d'Asie. La demande de minerai est en effet très forte si l'on en croit le niveau des prix "spot" calculés en Asie, qui affichent déjà une progression de 40 % depuis le début de l'année. Ils viennent de bondir de 6 % en une semaine, à 167,5 dollars la tonne livrée en Chine selon la référence de Platt's pour le minerai concentré à 62 %. Car les hauts-fourneaux recommencent à tourner à plein régime dans les pays émergents, et redémarrent dans l'OCDE. Le record historique d'importation de minerai de fer a été établi en décembre dernier, et reste très élevé, à 833 millions de tonnes en rythme annualisé. Le rebond de l'activité sidérurgique a aussi des conséquences sur le second composant de l'acier : le charbon à coke. Les principaux producteurs de minerai de fer sont parvenus à imposer des hausses de prix comprises entre 80 et 90 % en ce début d'année ; le charbon à coke emprunte le même chemin. Alors qu'il se vendait 70 dollars la tonne en 2009, il pourrait bondir jusqu'à 300 dollars la tonne d'ici la fin de l'année, selon Citigroup, qui a révisé hier ses prévisions annuelles. La banque envisage un prix moyen de 220 dollars par tonne cette année. Et selon les derniers contrats signés entre consommateurs et producteurs, le secteur subit le même bouleversement structurel que le minerai de fer. Là aussi, les contrats annuels touchent à leur fin, les consommateurs s'en remettent à des contrats trimestriels. Rio Tinto aurait ainsi signé des contrats, la semaine dernière, à des niveaux de prix proches des prix du marché "spot", soit 200 dollars. En Russie, le groupe Mechel tente d'imposer un prix de 240 dollars par tonne à ses clients asiatiques. protestations des européensDe fait, selon les syndicats allemands de la sidérurgie dont IG Metall, les aciéries allemandes pourraient voir leurs coûts bondir de 3 milliards d'euros si le minerai de fer et le charbon à coke s'échangent à ces niveaux de prix. Malgré les protestations des sidérurgistes européens, les nouveaux contrats du London Metal Exchange sur l'acier reflètent une évolution rapide de la conjoncture. D'une part par leur volumes : un record d'activité a été établi au mois de mars. Mais aussi par leurs prix. Le cours de la billette d'acier cotés au LME est passé de 440 dollars mi-janvier à 600 dollars. Ce qui signifie aussi que ThyssenKrupp ou Arcelor Mittal y trouvent leurs compte. « Les producteurs d'acier parviennent à faire passer la hausse des coûts des matières premières à leurs clients » soulignent les analystes de Macquarie. L'avantage est bien sûr aux groupes qui maitrisent toute la filière, comme ArcelorMittal, dont 65 % de l'approvisionnement en minerai de fer est assuré par ses propres mines.

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