Le nucléaire et la peur du feu

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Des trois désastres que le Japon a dû affronter cette fin de semaine, le troisième est celui qui devrait marquer les esprits. Plus que le séisme, le plus violent pourtant de l'histoire contemporaine du pays, plus que le tsunami dont les sidérantes images ont fait le tour de la planète, l'accident de la centrale de Fukushima a chassé tout autre considération. Il a réveillé la grande peur du nucléaire. Au point qu'il n'est pas impossible, désormais, de voir cette industrie en pleine renaissance (une soixantaine de réacteurs sont en construction pour 440 en activité) retomber dans la léthargie qu'elle avait connue après les catastrophes de Three Mile Island, aux États-Unis, et de Tchernobyl, en Ukraine. Chaîne humaine outre-Rhin, manifestation à Paris, mobilisation des écologistes de l'Italie à l'Australie, les appels à une « prise de conscience » se font de plus en nombreux. On ne les voit pas cesser. De quoi relire le célèbre roman britannique de Roy Lewis, « Pourquoi j'ai mangé mon père », sur une famille préhistorique ordinaire divisée entre un père qui change le cours de l'humanité en domestiquant le feu, donc la chaleur et la cuisson des aliments, et son frère qui dénonce le danger qu'il y a à « danser sur un volcan » et fait sienne cette devise : « Back to the trees » (« Remontons dans les arbres »). C'est entendu, le nucléaire n'est pas une industrie comme les autres, en cas d'accident comme dans la gestion des déchets. Et l'on peut craindre que la désintégration des réacteurs de Fukushima ne se poursuive, les autorités japonaises ayant le plus grand mal à maîtriser une situation où se cumulent calamités naturelles hors normes et catastrophe industrielle majeure. Mais il ne faudrait pas que la peur conduise à confondre retour en arrière et refus du progrès, avec gestion raisonnée des risques. pagay@latribune.f

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