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Les institutionnels réclament toujours plus de fonds indiciels cotés

La Tribune

Publié le 13 juin 2010 à 21:27 - Mis à jour le 13 juin 2010 à 21:27

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04 juin 2026

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En 2000, le premier ETF (« exchange traded fund »), aussi appelé fonds indiciel coté ou tracker, était lancé en Europe. Dix ans plus tard, ce marché a connu un véritable succès. A fin avril 2010, il représente 234,3 milliards de dollars d'encours, compte 36 fournisseurs proposant une gamme de 932 ETF sur quasiment toutes les classes d'actifs. A titre de comparaison, le marché américain, qui est la référence mondiale, compte moins de fournisseurs (28) et de produits (839). En revanche, il affiche 764 milliards de dollars d'actifs. Il est vrai qu'il est plus ancien. « Mais la forte croissance du marché européen montre aussi une certaine maturit頻, constate Felix Goltz, directeur des études à l'Edhec-Risk Institute et auteur de la quatrième édition de l'« Edhec European ETF Survey 2010 » (lire méthodologie). Le succès de ces produits est donc quantitatif mais aussi qualitatif. « Les investisseurs institutionnels utilisent davantage les ETF, ils en sont aussi de plus en plus satisfaits », indique Valérie Baudson, responsable de l'activité ETF chez Amundi. « Ils s'en servent dans leur allocation d'actifs plutôt de long terme mais aussi comme source d'information des marchés », ajoute Felix Goltz.Ainsi, 96 % et 80% des répondants à l'étude indiquent se servir de fonds indiciels cotés pour leurs investissements en actions et sur les matières premières. En revanche, les hedge funds et les devises sont les deux classes d'actifs pour lesquelles les trackers sont les moins utilisés (30 % des investisseurs). De même, « les investisseurs allouent une plus grande part de leur allocation sur ces produits, indique Felix Goltz. Ils représentent 38 % des montants investis par le panel sur les matières premières, 35 % sur les emprunts d'Etat, 32 % sur les devises et 25 % sur les actions ». Sur le plan qualitatif, le taux de satisfaction de l'utilisation des ETF actions, emprunts d'Etat et infrastructures est supérieur à 90 %. Ce taux tombe à 70 % sur les devises et à 65,2 % pour les hedge funds.Risque de contrepartieDe nouvelles tendances, pratiques sont aussi apparues sur ce segment. Conséquence directe de la faillite de Lehman Brothers, et de la crise de liquidité, les investisseurs travaillent désormais avec trois contreparties en moyenne, révèle l'étude. Ce risque de contrepartie, capé à 10 % de l'actif lorsque les fonds sont Ucits 3, vaut surtout pour les ETF à réplication synthétique, nécessitant l'utilisation d'un swap structuré par une banque d'investissement. Si la part des trackers synthétiques tend à augmenter, ils sont moins coûteux et permettent la réplication d'indices complexes, 77 % des investisseurs leur préfèrent encore les produits à réplication pure.Autre changement dans les pratiques, l'étude montre que « 12 % des répondants réalisent plus de 90 % de leurs investissements sur les ETF via un marché OTC (« over the counter », de gré à gré), contre 6 % en 2009 ». Pour Valérie Baudson. « les investisseurs utilisent de nouveaux mécanismes de trading leur procurant les meilleurs coûts de transaction et quand le sous-jacent est peu liquide, ils préfèrent traiter OTC ». Sur des ETF répliquant le même indice, des écarts de prix allant de 1 à 4 sont possibles. Pourquoi de tels écarts ? « La qualité d'un market maker se reflète dans le coût », explique la spécialiste. S'ajoutent des frais de gestion sur lesquels des écarts existent aussi. Au final, cela pèse sur la performance. Écart de performanceLes investisseurs regardent donc davantage la « tracking error » [écart de performance entre l'ETF et son indice, Ndlr], signe de qualité d'un ETF. Sur une note maximale de 3, les ETF obtiennent une note moyenne de 2,28 sur ce critère contre 2,19 pour les fonds indiciels. Seuls les « futures » et les « total return swaps » font mieux avec respectivement 2,51 et 2,47. Plus globalement, l'étude dresse un tableau comparatif entre ces quatre produits concurrents sur dix critères (voir ci-contre). Résultat : les trackers obtiennent une note moyenne de 2,37 sur 3, devancés par les futures (2,44). Ces derniers se présentent donc comme une véritable alternative aux trackers. Les investisseurs déclarent d'ailleurs vouloir augmenter l'usage de ces deux produits.La croissance du marché des ETF de ce côté de l'Atlantique devrait donc se poursuivre. Si l'heure est plutôt à la consolidation dans l'industrie de la gestion d'actifs, certains professionnels prédisent même l'arrivée de nouveaux fournisseurs en Europe. Quant à l'offre, elle s'étoffera encore. Sur ce point, alors que plus de 900 ETF sont à la disposition des investisseurs, « la question est de savoir quelles sont les limites en termes d'offre ? », s'interroge Felix Goltz. Pour rappel, sur des sous-jacents peu liquides comme les corporates, l'industrie pensait qu'on ne pouvait pas créer d'ETF. Aujourd'hui, quasiment tous les acteurs en proposent. « La demande reste forte, notamment sur des indices difficiles à répliquer comme les actions ou obligations émergentes », raconte Valérie Baudson qui proposera de nouveaux produits innovants dans quelques jours. Des ETF sur les devises ou les hedge funds sont aussi sur la liste des souhaits des investisseurs.

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