La recession a amoindri le potentiel de croissance

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La récession n'a pas fait que des dégâts sur les comptes trimestriels de la France. En effet, la crise récente a fortement amoindri la croissance potentielle (c'est-à-dire la croissance possible sans accélération de l'inflation) en France sur la période 2009-2013. En moyenne, celle-ci ne s'élève plus qu'à + 1,7 % contre + 2,1 % entre 1998 et 2008.« Au cours des dix années qui ont précédé la crise, outre une démographie favorable et la poursuite des gains de productivité globale des facteurs, la croissance potentielle a bénéficié d'un effort d'investissement assez dynamique de la part des entreprises comme des ménages et d'une baisse du chômage structurel grâce aux incitations à l'emploi », indique Bercy dans le rapport économique et financier (REF) adjoint au projet de loi de finances 2010.Comment la crise a-t-elle pesé sur la croissance potentielle ? Confronté à la baisse de la demande, face à de fortes surcapacités de production et à des problèmes de trésorerie, les entreprises tricolores ont supprimé ou reporté une partie de leurs dépenses d'équipement. Les statistiques portant sur l'investissement, qui a pour l'instant chuté de 7,2 % en 2009, le prouvent assez clairement.En parallèle, les ménages ont adopté une position attentiste face au marché résidentiel en lien avec la baisse des prix de l'immobilier. L'investissement des ménages a ainsi cédé 8,9 %. « Au total, le stock de capital de l'ensemble de l'économie a ralenti et contribué moins fortement à la croissance potentielle, explique-t-on dans l'entourage de Christine Lagarde.Ce n'est pas tout. La récession s'est également accompagnée d'une forte augmentation du chômage. « Par effet d'inertie, cette évolution a conduit à l'éloignement de certaines personnes du marché du travail, via, par exemple, une hausse du chômage de longue durée, et, par voie de conséquence, à l'accroissement du chômage structurel. « Mais cette diminution de la croissance potentielle n'est que temporaire », estime-t-on au ministère de l'Économie. Pour la redresser, on compte beaucoup à Bercy sur la réforme de la taxe professionnelle et sur les réformes structurelles déjà lancées comme la mise en place de Pôle emploi, la loi sur l'offre raisonnable d'emploi, la loi de modernisation de l'économie et la création du revenu de solidarité active (RSA), et celles à venir, comme la réforme de la formation professionnelle. F. Pi.

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