Inquiétude pour la multigestion alternative à la française

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églementationDans son rapport sur la directive sur la gestion alternative, dite AIFM (« Alternative Investment Fund Managers »), rendu public le 25 novembre 2009, l'eurodéputé Jean-Paul Gauzès a lancé un vrai pavé dans la mare des sociétés de gestion de fonds de hedge funds. Et cette fois, les Anglo-Saxons ne sont pas les seuls à être inquiets ; les sociétés de gestion françaises le sont également.Pour obtenir le passeport européen, le rapporteur propose de détenir un minimum de 70 % de onshore, et par conséquent de limiter à 30 % de l'actif la part de fonds non régulés, c'est-à-dire offshore, dans les fonds de fonds dédiés aux particuliers. « Si cette proposition est adoptée, cela signifie la marginalisation des fonds Aria 3, autrement dit la multigestion alternative à la française, regrette Gilles Guérin, vice-président du directoire de HDF. La France est le seul pays à avoir des fonds de hedge funds régulés par l'Autorité des marchés financiers ; il serait bon de s'en inspirer. » Mais ces produits ne sont pas « passeportables » dans l'état de la directive. Si la proposition passe telle quelle, les fonds Aria 3, composés en moyenne de plus de 50 % de fonds offshore, n'offriront aucun avantage concurrentiel par rapport à un fonds offshore, ce qui inciterait les investisseurs institutionnels à opter davantage pour des supports non réglementés. « Il est malheureusement impossible aujourd'hui de proposer des produits Aria 3 de qualité sans sous-jacents domiciliés offshore, indique Christope Chouard, directeur général de HDF. Par ailleurs, ce ratio de 70/30 n'est pas réaliste car le nombre de hedge funds on-shore, aussi appelés Ucits 3, est trop restreint pour construire un portefeuille multistratégies suffisamment diversifié. » Il existe environ deux cents hedge funds Ucits en Europe. Mais pour les « puristes », l'enveloppe Ucits ne correspond pas à de « vrais » hedge funds et leur développement vise surtout à gonfler les encours.Toutefois, cette proposition n'est-elle pas l'occasion d'avoir un vrai statut européen des hedge funds ? Pour Olivier Florin, responsable du développement et associé d'Eraam, « la solution serait de créer un vrai statut pour les hedge funds européens, ce que l'Association française de la gestion financière appelle ?alter-Ucits?. En revanche, si cette proposition est adoptée, ce que je ne pense pas, il faudrait alors une période d'adaptation pour la multigestion alternative afin de se mettre en conformité avec cette nouvelle réglementation, le temps que l'univers de fonds alter-Ucits s'étoffe ». Mais les gérants français peuvent se rassurer et « arrêter de verser dans le catastrophisme puisque cette proposition de 70/30 sera retravaillée », annonce Jean-Paul Gauzès qui a pour principal souci et mission de proposer une directive pragmatique.Thierry Serrouyales fonds aria 3 n'offriraient plus aucun avantage concurrentiel par rapport à un fonds offshore.

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