Les Américains trop optimistes sur la campagne du blé en Europe

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Dans les plaines céréalières et chez les minotiers, le premier rapport de l'année de l'USDA, le ministère de l'agriculture américain, fait toujours sensation. Il procure dès le mois de mai une photographie globale de la campagne en cours, sur toute la planète. En mai, les semis de blé et de maïs sont en effet terminés sur tout l'hémisphère nord : les Canadiens ont terminé de semer les derniers blés de printemps, et en Europe la plupart les plants commencent à sortir de terre. Cette année, l'USDA a fait le 11 mai de prévisions optimistes -- du moins pour les acheteurs de céréales : les stocks sont importants et la récolte devrait l'être aussi. L'info a fait sombrer, encore un peu, les céréales cotées sur le CBOT. Le blé qui avait déjà perdu 11 % depuis le début de l'année, a encore chuté. Le retrait des emblavements ne sera pas compensé par les rendementsPourtant, l'abondance évoquée par l'administration américaine ne fait pas l'unanimité, surtout sur le blé, la première céréale cultivée. Selon Benoit Labouille, directeur général d'Offre et Demande Agricole, la récolte de blé n'atteindra pas les 672 millions de tonnes prévus par les Américains. « L'USDA anticipe un léger recul de la production annuelle au total, alors que les surfaces sont en net retrait. Cela suppose une hausse des rendements bien trop forte ! ». Avec son réseau de fermiers qui notent régulièrement l'état d'avancement des récoltes, en France, au Royaume-Uni, et en Ukraine, le spécialiste sait de quoi il parle.Stress hydrique et baisse des dépenses d'engrais Le mois d'avril a mis les plantations au bord du stress hydrique, et les froids constatés depuis deux semaines ne favorisent pas un développement optimal des plants. Or l'état des cultures européennes joue un rôle important dans les prévisions de l'USDA. « Ils prévoient une hausse de la production en Europe, de 139 en 2009 à 145 millions en 2010, alors que les surfaces plantées en blé sont en retrait de 1 %. Vu les conditions météo, et la baisse des investissements en engrais liée à la faible rentabilité des exploitations avec des cours si bas, les rendements ont peu de chance de progresser », assure Benoit Labouille.Redressement des cours en vue Selon lui, les cours ne sont donc pas voués à rester éternellement si bas. Surtout que les prix du blé en Europe sont inférieurs à ceux des Etats-Unis , avec une décote de 15 à 16 dollars par tonne, notamment due à la forte présence des investisseurs financiers sur le marché à terme. Lesquels détiennent en permanence environ la moitié de la récolte américaine, ce qui pousse les prix à la hausse.

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