Fermentalg, la star girondine de la microalgue
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Comment remplacer le pétrole et le poisson sauvage qui vont se raréfier ? Le français Pierre Calléja est convaincu d'avoir résolu cette équation à plusieurs millions d'euros. Pour ce pionnier de l'aquaculture marine, la solution, ce sont les microalgues, produites naturellement par les océans. Ce pourrait bien être l'or vert des prochaines années. Le marché des applications est gigantesque : alimentation animale, cosmétique, nutrition, chimie verte, biocarburants... Dès 2009, cet ingénieur a donc créé Fermentalg, à Libourne, près de Bordeaux, qui produit des molécules indispensables à notre quotidien à partir de microalgues. Aujourd'hui, après des années de recherche avec son équipe d'une trentaine de personnes, il est capable d'en produire à l'échelle industrielle, selon sa technique, brevetée.Signe que le secteur est porteur, cette jeune entreprise a d'ores et déjà signé un premier joint-venture industriel et commercial avec Sofiprotéol, propriétaire de Lesieur, pour fabriquer des huiles alimentaires, des oméga 3, ces fameux acides gras réputés pour leur contribution au bon fonctionnement de notre cœur et de notre cerveau. En Europe, cela représente un marché de 260.000 tonnes. Une usine de production devrait prochainement voir le jour en aquitaine.Le biokérosène de demainAutre marché clé, le pétrole. avec Turbomeca, le numéro un mondial des turbines d'hélicoptères, Fermentalg a un projet, « Jet'alg », visant à produire des biocarburants pour l'aéronautique à partir des microalgues. « À la base, le pétrole est constitué de microalgues qui se sont accumulées pendant des millions d'années », rappelle Pierre Calléja. La première génération de biocarburants, issus de l'agriculture, n'a plus la cote. Elle épuise les ressources naturelles. « À l'inverse, les microalgues peuvent être cultivées hors terre et sont bien plus productives que le colza. Elles peuvent stocker 70 % d'huile. Toute la planète s'y intéresse », observe-t-il, plein d'ambitions. D'ailleurs, Fermentalg attire les plus « grands ». Le CEA (centre d'énergie atomique) vient de la choisir comme partenaire R&D pour développer les applications de ces micro-organismes. « C'est l'acteur le plus à même de faire naître une véritable filière industrielle européenne », justifie-t-il.les potentialités sont telles que la start-up prépare son entrée en Bourse. Soutenue par des fonds d'investissement de premier rang, dont Demeter Partners, CEA Investissements et Emertec, elle a déjà réussi à lever 7,5 millions d'euros de fonds. Ce n'est qu'un début. le marché international est évalué à 5 milliards d'euros.
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