La solidité des banques chinoises entamée par la croissance du crédit

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queLa question des créances douteuses revient sur le devant de la scène chinoise. Zhu Min, vice-président de Bank of China, a en effet annoncé en fin de semaine dernière que son institution a besoin de nouveaux capitaux pour atteindre son ratio de solvabilité, compte tenu de la masse de nouveaux crédits accordés. Les banques chinoises ont en effet distribué 8.130 milliards de yuans (818 milliards d'euros) de nouveaux prêts lors des huit premiers mois de l'année, soit 62 % de plus que le montant fixé par Pékin pour l'intégralité de 2009.Les institutions financières chinoises ont fait d'importants efforts ces dernières années, ramenant officiellement leur taux de créances douteuses de 6,16 % à la fin 2007 à 2,45 % à la fin 2008. Néanmoins, le niveau des nouveaux prêts mais surtout leur utilisation inquiètent les économistes indépendants basés en Chine. Ainsi, Xu Xiaonian, professeur d'économie et de finance à l'école de commerce internationale Chine-Europe de Shanghai, prévient que « le gouvernement a brûlé de l'argent ces derniers mois?» En Chine, une expression dit : « Donner du poison pour étancher sa soif. » Les banques auront tellement prêté sans pouvoir être remboursées que les étrangers pourront bientôt venir acheter leurs mauvais actifs pour presque rien.attribution partialeSelon Morgan Stanley, 72 % des fonds utilisés dans le cadre du plan de relance ont en effet été attribués à la construction d'infrastructures, priorité annoncée du gouvernement chinois, train et métro en tête. Or, comme l'explique Xu Xiaonian, « un kilomètre de métro coûte environ 100 millions de yuans (10 millions d'euros) mais n'en rapporte que 10.000 yuans par an en droit en tous genres ». Les entreprises auront donc du mal à rembourser leurs crédits. Le danger est d'autant plus grand que, début juillet, le gouvernement a baissé de 35 % à 25 % les fonds propres nécessaires à l'obtention de crédits bancaires pour les entreprises travaillant sur des projets ferroviaires. Les analystes reprochent également à Pékin l'attribution très partiale des fonds bancaires. Les entreprises privées représentent 99,3 % des sociétés du pays et contribuent pour 60 % au PIB national mais elles n'auraient reçu que 5 % des crédits accordés au cours des cinq premiers mois. L'attribution des crédits étant décidée au niveau local, les grands groupes étatiques profitent de leur entregent politique pour les accaparer. Or leur gestion financière, et notamment leur gestion du risque, s'avère bien moins pointue et primordiale que celle des entreprises privées. Tristan de Bourbon, à Pékin

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