La crise a accéléré le déclin des économies industrialisées

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Si le rebond actuel des économies mondiales est indiscutable, il reste très relatif. D'une part, « il est très hétérogène et dopé par des facteurs de soutien significatifs » et, d'autre part, la crise laisse derrière elle « un monde où se creusent les divergences pour des raisons plus structurelles que conjoncturelles », estime Karine Berger, directrice des études économiques chez Euler Hermes. En présentant jeudi ses perspectives économiques mondiales pour 2010 et 2011, l'économiste a dressé un sombre tableau pour l'avenir des pays de l'Ocde, et tout particulièrement européens. Leur désindustrialisation, si elle n'est pas nouvelle, s'est brutalement accélérée avec la crise marquée par une chute de 13 % de la production industrielle en 2009, après 2 % en 2008.l'emploi se contracte de façon dangereuseL'an dernier la part de marché de l'Ocde est passée sous le seuil des 50 % de la production mondiale pour s'établir en fin d'année à 48 % contre 52 % pour les pays émergents, dont 35 % pour la seule Asie émergente où se situent désormais la demande et la main-d'oeuvre bon marché. En 1991, l'Ocde se prévalait d'une part de marché de 70 % contre 30 % pour les pays du Sud. Emblématique, la production automobile des pays développés est passée de 69 % de la production mondiale il y a dix ans à ... 43 % aujourd'hui. Corollaire, l'emploi se contracte de façon « dangereuse et nous n'avons pas encore tout vu », prévient Karine Berger. Pour ne rien arranger, les pays du Nord ont creusé leur déficit budgétaire pour contrer les effets récessifs de la crise. De 900 milliards d'euros en 2008, les déficits publics des pays de l'Ocde ont plus que doublé en 2009 à 2.050 milliards d'euros. Pour les résorber, les membres de la zone euro ne pourront guère compter sur la croissance qui ne sera que de 0,7 % en 2010 contre 2,9 % pour les États-Unis et ... 7,1 % pour l'Asie hors Japon. Laurent Chemineau

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