La revanche des Arts déco

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Il faut le savoir, les Français sont fous de déco. Et plus encore ces jours-ci. Après des années de suprématie médiatique du design, la crise privilégiant le retour aux fondamentaux, c'est désormais la décoration, voire la grande décoration qui séduit. Place à l'esthétique, au confort et à la recherche de sérénité. Tout le monde s'attache à son « home sweet home ».Que l'on ne s'y trompe pas : la démocratisation du genre n'a pas que du mauvais. Certes, le métier de décorateur est par définition élitiste. Tout le monde ne peut faire appel à ses services. Un grand décorateur comme Alberto Pinto travaille pour des gens hors normes. Ses factures flirtent avec les sommets. Mais, ce n'est pas un hasard. Pour concrétiser les rêves de ses clients, il fait travailler des équipes de spécialistes hors pair, recherche des matières rares et protège de remarquables savoir-faire qui, autrement, risqueraient de disparaître. On est dans le domaine du luxe.Comme le souligne Jean-Louis Gaillemin, grand spécialiste de l'univers déco-design et auteur en 2007 d'une exposition importante « Design contre design », sorte d'étude archéologique sur les formes et les aspirations du design, il faut arrêter de renvoyer dos à dos industrie et artisanat. « Qu'importe si un meuble est édité à des milliers ou à cinq exemplaires. S'il est réussi, que la chaise est belle et qu'en plus on est bien assis, le but est atteint. En priorité, apprenons à regarder, à apprécier, à choisir. » Prenons-en de la graine et de l'inspiration. Du sommet de la pyramide au grand public, l'offre s'élargit. La décoration se met à la portée du plus grand nombre via la presse spécialisée qui sort non-stop de nouveaux titres à vous en donner le tournis, via Internet, via la télé qui n'est pas très regardante sur le contenu, via les salons, les galeries, les boutiques, les magasins concept lesquels, comme Ikea, se placent au coeur de l'humain avec une proposition importante et abordable. Tentations et bonheur d'y céder sans se ruiner dans le but de rendre plus belle sa maison et plus heureux ses habitants. L'équation est parfaite. Elle explique les 2,224 milliards de chiffre d'affaires des 26 magasins d'Ikea France, les 50,6 millions de personnes qui viennent y faire leurs courses, les 49 millions de visites uniques sur leur site Internet. Côté salons, la 49e édition de la Fiera del Mobile vient d'ouvrir à Milan. Elle englobe cinq salons majeurs avec la cuisine et le bain. Il faut aussi compter les off, en ville. Plus de 450 événements mis en scène par des personnalités de la déco, du design, du cinéma, mais aussi de nombreux couturiers qui présentent leurs lignes maison comme Armani ou Versace, ou leurs contributions au développement du design comme Diesel et Bottega Veneta. Pendant une semaine, le monde entier de la déco a les yeux tournés vers Milan. Autre élément positif à un différent niveau, la décoration se porte bien. Tout du moins celle des décorateurs professionnels, au contraire de celle des « décorateuses » (à employer au masculin et au féminin) comme les appelle Alberto Pinto qui joue du pompon et du sticker à tout-va. Ils sont plusieurs comme Pierre Yovanovitch, Patrick Naggar ou ceux que nous vous présentons dans ce numéro à porter haut le flambeau du savoir-faire, de la qualité, de la créativité, du style, à remettre au goût du jour la grande tradition des arts décoratifs. Et, si nous ne pouvons tous nous offrir leur talent à domicile, ils nous inspirent et nous font rêver. La décoration et le design de qualité participent d'un même élan, celui de rendre la vie plus belle, plus confortable donc plus agréable. C'est un élément indissociable du bonheur qu'ils nous apportent.Donc INCONTOURNABLE.

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