Le rebond de l'immobilier s'essouffle déjà au niveau mondial

La fin de la reprise actuelle ? à défaut de la nouvelle récession que certains prévoient déjà ? viendra-t-elle de l'immobilier ? C'est ce même marché qui a précipité l'économie mondiale au bord du gouffre il y a deux ans. Une chose, en tout cas, est sûre : après une légère embellie au premier trimestre de cette année ? au moins dans certains pays, comme l'Australie, qui a vu une progression des prix de 16,3 % au premier trimestre ; le Canada (avec une hausse de 16,6 %), ainsi que la Suède et la Suisse, voilà que la tendance sur le marché immobilier semble déjà s'inverser. Selon une étude de la banque canadienne Scotia Bank, la demande ? de même que les prix ? a baissé au deuxième trimestre. « Le ralentissement a été particulièrement sensible au Canada, indique l'étude. Les prix en moyenne y ont grimpé de seulement 6,8 % sur un an au deuxième trimestre ». Inquiètes de la formation d'une bulle, les autorités canadiennes ont tenté ? avec succès, donc, de ralentir la progression des prix, notamment en durcissant les conditions de crédit. Dans ces conditions, l'auteur du rapport, Adrienne Warne, s'attend à une évolution étale pour le reste de l'année au Canada. Le ralentissement a été moins marqué pour l'Australie, qui a vu la progression des prix passer à 15,3 % au deuxième trimestre. Au Canada comme en Australie, c'est une croissance économique plus dynamique qu'aux États-Unis ou en Europe, associée à un meilleur marché de l'emploi, qui avait soutenu le marché immobilier. Le danger, pour l'immobilier, vient donc du fait que la croissance du Pib, aux États-Unis, notamment, mais aussi en Europe et en Asie, tend à s'essouffler. À cela s'ajoute l'atonie continue du marché de l'emploi américain, annonciatrice d'un ralentissement plus prononcé de la croissance pour les mois qui viennent, et la nervosité renouvelée des opérateurs sur les marchés. Les plus touchésReste les pays les plus touchés par la crise immobilière, dont l'Espagne et l'Irlande. Pour ceux-ci « la période d'ajustement pourrait durer des années » précise la spécialiste. Même chose au Japon, où la crise de l' immobilier dure depuis de longues années. « Elle n'est pas près de se terminer », selon Adrienne Warne. Au Royaume-Uni, les signaux sont mitigés : après une embellie relative, un recul modeste des prix est en cours. La raison ? « La confiance des consommateurs sur laquelle pèse un marché de l'emploi médiocre ainsi que les mesures d'austérité budgétaires en cours dans le pays », explique Adrienne Warne. Enfin, en Suisse, en revanche, les prix réels se sont affichés en légère hausse au deuxième trimestre (+ 3,6 % sur un an entre avril et juin) et devraient poursuivre sur cette lancée mais de façon là encore plus modérée à l'avenir, prédit la Scotia Bank.

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