La compétitivité ne se résume pas au coût du travail

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La compétitivité d'une économie ne se limite évidemment pas au niveau de ses salaires sans quoi Haïti ou la Centrafrique pointeraient en tête du palmarès mondial. Elle est en réalité le produit d'une combinaisson de nombreux critères dont le coût du travail n'est qu'un des éléments. Chaque année, le Forum économique mondial (FEM), par exemple, publie un classement de la compétitivité des économies. Il est frappant de constater que les pays occupant le peloton de tête en 2010 (Suisse, Suède, Singapour, Êtats-Unis, Allemagne, Japon, Finlande...) sont également ceux qui offrent les salaires les plus élevés du monde. Pour établir son classement, le FEM utilise une douzaine de conditions aussi variées que la qualité des institutions - existe-t-il un tribunal indépendant pour trancher un litige commercial ? - ou des infrastructures - existe-t-il une route de l'usine de production jusqu'au port ? - le système éducatif, la législation du travail, la taille du marché ou encore la capacité d'innovation du pays. Résultat, le classement du FEM ressemble peu ou prou à une échelle inversés des salaires dans le monde, les pays offrant les rémunérations les plus basses étant les moins compétitifs. ManipulationSi les salaires sont souvent le reflet de la productivité d'une économie, notamment de ses salariés, celle-ci peut aussi être artificiellement gonflée, en manipulant par exemple les taux de change. C'est évidemment le reproche que font à la Chine les États-Unis, l'Union européenne et de nombreux pays émergents. En refusant de réévaluer le yuan, dont la parité est rattachée au dollar, la Chine améliore artificiellement la compétitivité de ses entreprises. Les entreprises étrangères y voient une forme de concurrence déloyale. Xavier Harel

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