La réforme de la formation des profs déjà contestée

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enseignementDepuis un an, rien ne semble réglé sur la réforme de la formation des enseignants, qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2010. Ce dossier, qui était déjà au c?ur du mouvement universitaire du premier semestre, sera sans nul doute au menu de la journée de mobilisation du 24 novembre. Les propositions des groupes de travail ministériels (Éducation nationale et Enseignement supérieur) présentées vendredi aux syndicats ont presque fait l'unanimité contre elles. Si tous les syndicats n'ont pas les mêmes griefs, la plupart, tel le Snes-FSU (second degré), réclament toujours une « remise à plat » de cette réforme (dite « masterisation »), qui vise à élever le recrutement des enseignants au niveau master (bac + 5). Alors que, jusqu'alors, les candidats passaient généralement le concours à l'issue d'une licence (bac + 3) et d'une année de formation en IUFM (institut universitaire de formation des maîtres), puis effectuaient un an de stage rémunéré.La forme et le contenu des concours, des futurs masters, le calendrier des épreuves et l'organisation des stages sont désormais connus. Les concours, ouverts aux étudiants inscrits en deuxième année de master (M2), auront désormais deux épreuves d'admissibilité disciplinaires et deux d'admission « comportant une dimension professionnelle ». Un point qui hérisse plusieurs syndicats, outrés de voir ainsi l'emporter l'idée de masters « généralistes » et la pédagogie reléguée au second plan. Ce qui, dénonce le SE-Unsa, « cantonnera la formation au seul bachotage quasi exclusivement disciplinaire ». La place des concours fait elle aussi débat. Tous se dérouleront en M2, dès septembre pour les épreuves d'admissibilité de professeur des écoles (décembre pour le Capes, avril pour l'agrégation). Enfin, l'organisation des stages avant le concours (sans formation professionnelle, donc) et après (jugés insuffisants) est dénoncée. Sans compter qu'en filigrane se pose la question de l'avenir des IUFM, nullement mentionnés dans le texte, souligne le Snesup. Le risque ? Que les IUFM ne récupèrent que les masters destinés aux professeurs des écoles ou des lycées professionnels, craint Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT.DéterminationDe son côté, Luc Chatel ne compte pas plier. Il a chargé le secrétaire général des deux ministères de finaliser les maquettes des concours avec les syndicats, avant la présentation des textes devant les instances consultatives en décembre ; mais si rien n'est finalisé d'ici au 15 décembre, « nous prendrons nos responsabilités », promet-on dans l'entourage de Luc Chatel. Clarisse Jay

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