Hannah Arendt. Enrayer la montée des extrémismes

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Tensions nationalistes, crise de l'euro, perte de sens, dégoût du politique et des puissants, atomisation de la société, la liste est longue des clignotants allumés en 2010 qui risquent de virer au rouge en 2011. À l'heure où germe une crise globale de la civilisation occidentale, se (re)plonger dans Hannah Arendt apparaît salutaire. Philosophe allemande née en 1906 et ayant fui le nazisme, elle a laissé une oeuvre majeure sur les « origines du totalitarisme » sortie en France dans les années 1970. En analysant une période tragique, Arendt désigne le totalitarisme comme un régime politique apparu à l'ère moderne, prenant sa source dans le sentiment d'une perte d'appartenance au monde, que la philosophe appelle « désolation ». Un déracinement qui laisse la place à l'idéologie, seule forme de pensée qui subsiste après la perte du vivre ensemble. Pointant du doigt la surproduction de capital et l'apparition d'argent « superflu », elle dénonce une « terrifiante solidarité négative » qui transforme les classes sociales en « une masse informe d'individus furieux » aisément manipulables. Attention donc aux déçus et désespérés de tous ordres, nous dit en substance Hannah Arendt. Sa pensée nous exhorte à soigner l'amertume personnelle pour défendre l'intérêt commun. S. P.

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