Sus aux banques centrales !

Quel paradoxe ! À l'heure de l'interventionnisme grandissant de l'État, « la Route de la servitude » de Friedrich Hayek, le « père » des libertariens, est le livre économique le plus acheté actuellement par les Américains. Et moults blogueurs ne cessent de louer aux États-Unis les « prophéties » de Ludwig von Mises et la pertinence de sa théorie des cycles pour expliquer les crises financières. En ligne de mire de ces deux auteurs de l'école autrichienne : la manipulation des taux et de la monnaie par les États. Dans les années 1980, Hayek s'attaque plus explicitement aux banques centrales, des « monopoles » qui faussent la concurrence et créent de la mauvaise monnaie. Il a ainsi introduit le doute sur le rôle des banques centrales, a insisté sur leur création récente à partir du milieu du XIXe siècle pour mieux asseoir l'autorité des États et rappelé enfin le « monde d'avant », celui des banques libres, qui pouvaient créer leur propre monnaie (avec l'or en garantie) dans un contexte concurrentiel. Un monde sans banque centrale ? L'idée reste farfelue en Europe. Elle l'est un peu moins aux États-Unis. L'idole Greenspan est tombée de son piédestal, l'aura de la Fed s'est envolée et 16 % des Américains sont favorables à sa suppression. E. B.

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