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« Nous pourrions revenir au Medef s'il évolue »

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Publié le 17 février 2010 à 22:47 - Mis à jour le 17 février 2010 à 22:47

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Depuis votre départ du Medef en décembre, vous n'avez cessé de pointer du doigt le « système archaïque de représentation des entreprises », qu'entendez-vous par là ?Le système actuel date de l'après-guerre. Or il est infiniment compliqué et indirect. Pensez donc ! Chaque entreprise cotise au Medef territorial, à la chambre de commerce et d'industrie, à une fédération professionnelle, qui elle-même reporte à l'Ania, qui jusqu'à peu cotisait au Medef... C'est fou ! Je voudrais une relation plus directe de l'Ania et des entreprises pour éviter les déperditions d'information et de budget. En créant, par exemple, une maison de l'alimentation. Toutes les entreprises réduisent actuellement leurs coûts, pourquoi pas les fédérations !Cela a-t-il un lien avec le jeu de chaise musicale de vos adhérents, entre les produits élaborés qui sortent, la boulangerie qui entre ?De plus en plus de fédérations analysent le rapport entre leurs coûts et les prestations qui s'y rapportent, ce que je trouve parfaitement normal. La fédération des produits élaborés, Adepale, est partie parce qu'elle n'était plus satisfaite de ce ratio à l'Ania. Mais j'ai tout fait pour les faire revenir et j'ai réussi avec la Fiac, fédération de la conserve et principale sous-fédération d'Adepale. Un comportement commercial que le Medef n'a pas jugé bon d'avoir avec nous. Au lieu de cela, Laurence Parisot m'a reproché de ne jamais lui en avoir parlé avant et s'est braquée.Pourquoi être parti du Medef ?Parce qu'il faut savoir coller aux besoins des entreprises au lieu de faire des grands débats de société comme sur l'égalité hommes-femmes. La situation économique est grave et nécessite d'aider notamment les PME à maintenir leurs marges, leur niveau d'activité, leur trésorerie. L'Ania a été la première à monter, dès septembre 2009, une cellule de crise pour faciliter le crédit en mettant un représentant de notre industrie alimentaire dans chaque grande banque. Maintenant, c'est la première fois qu'une fédération nationale importante quitte une organisation nationale représentative. Nous sommes en train d'en mesurer les conséquences et de chercher d'autres stratégies d'alliance. Ce pourrait être avec les agriculteurs de la FNSEA. Pourquoi ne pas se regrouper aussi entre représentants de l'industrie au sein du GFI [Groupe des fédérations industrielles, Ndlr] au lieu d'être mélangés avec nos concurrents de la fédération du commerce et de la distribution, comme c'était le cas au Medef. Enfin, nous pourrions revenir au Medef s'il évolue dans les mois qui viennent... Mais pas pour continuer à payer 15 % de nos ressources pour une représentativité insuffisante !Il y avait donc aussi un problème avec madame Parisot ?Je rappelle que j'étais son plus grand soutien pendant les élections et même après. Mais quand on a un poste de ce niveau, on doit pouvoir entendre les critiques. Elle a préféré adopter un mode de gestion personnelle, ne nous mettant que peu ou tardivement au courant sur les sujets essentiels, comme le changement de ses directeurs généraux. Mais le problème est ailleurs. Avec 150 milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'alimentaire est la première industrie en France et le deuxième employeur derrière la métallurgie. Or, peu de gens le savent. Nous sommes sensés être sous la tutelle du ministère de l'Agriculture mais monsieur Le Maire ne s'occupe pas assez de nous. Ce n'est pas mieux du côté de l'Industrie auquel nous avons été un temps rattaché. En fait, nous sommes le cul entre deux chaises et ce n'est pas confortable.Les élections du président de l'Ania ont lieu en mai, y pensez-vous en vous rasant ?J'avais dit que je ferais deux mandats mais ça passe très vite. Alors si personne ne répond à mon appel à candidature, j'en ferai encore un. Mais en cherchant très vite quelqu'un de reconnu et d'habile avec les médias pour faire une année de transition douce. Là encore, le problème en France est qu'il est très difficile de se mettre ainsi en mission de service public pendant trois ans au cours de sa carrière. C'est vrai à l'Ania comme au Medef. Du coup, on n'attache pas aux représentations professionnelles l'importance qui devrait être la leur en termes de recrutement.C'est la fin des négociations commerciales, voulez-vous toujours vous débarrasser de la loi de modernisation de l'économie (LME) ?Non, maintenant qu'elle est là, nous souhaitons juste la voir appliquée. Car certains distributeurs comme Leclerc ne se basent plus sur les conditions générales de vente comme base de la discussion. C'est très dommageable pour les PME car, s'il y a un litige, elles ne pourront plus se défendre alors que le rapport de force n'est déjà pas en leur faveur. Si cela continue ainsi, nous demanderons des amendements parlementaires, mais en dernier recours, car quatre lois en deux ans, ça suffit !Quelles sont vos principales batailles en matière de nutrition ?Nous passons notre temps à nous défendre contre des législations négatives. Parmi elles, les acides gras trans sont un sujet récurrent qui n'a plus lieu d'être, vu les efforts déjà consentis par les industriels ; la publicité à destination des enfants alors que toutes les boîtes ont arrêté à part Danone, Kellogg's et Nestlé ; les allégations nutritionnelles autorisées par Bruxelles, dont les PME attendent toujours les définitions. Ou encore les chartes du programme national nutrition santé, très difficiles à obtenir pour un secteur entier, comme les biscuits ou autres, parce que le gouvernement refuse une avancée par petits pas.Et votre Fondation pour la nutrition ?Elle est en cours de reconnaissance d'utilité publique. Mais après le travail de la commission de Danne sur le sujet de l'obésité, elle pourrait être remise en question si le président de la République propose des mesures nationales de grande ampleur dans son allocution de fin mars 2010.Propos recueillis par Sophie Lécluse

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