Allonz'enfants de la capi...
La Tribune
La Tribune
Mais où sont passés les libéraux ? Au début des années 1990, la droite ne jurait que par les fonds de pension pour échapper à la paupérisation promise des retraites par répartition. La bataille était idéologique. Denis Kessler, le patron des assureurs, y croisait le fer avec Marc Blondel, le leader de FO. Bien sûr, personne n'a jamais cru sérieusement, en France, que les fonds de pension apporteraient une solution viable au vieillissement démographique. Mais ces passes d'armes étaient un bon baromètre pour distinguer sa droite de sa gauche. Vingt ans et quelques krachs boursiers plus tard, le fonds de pension a complètement disparu du répertoire politique, voué aux gémonies pour n'avoir pas su garantir, dans les pays fondés sur ce système, le maintien du pouvoir d'achat des retraités. Le document du gouvernement n'y fait d'ailleurs référence que de façon négative, pour écarter tout « basculement » de la répartition vers la capitalisation, tout en y trempant quand même le coude : en effet, des mesures permettront « à davantage de Français de compléter leurs pensions en recourant à des dispositifs d'épargne retraite ». Une nouvelle niche fiscale « retraite », en quelque sorte, dont on peut seulement espérer, au nom de la « réforme juste » professée par le chef de l'État, qu'elle soit aussi avantageuse que le régime Préfon réservé aux fonctionnaires (et très prisé des plus hauts). Il y a pourtant au moins une bonne raison de ne pas jeter les fonds de pension avec l'eau du bain des marchés. Les entreprises françaises souffrent d'un déficit considérable d'épargne longue. Avec les réformes prudentielles en cours (Bâle III pour les banques et Solvabilité 2 pour les compagnies d'assurances), cela va s'aggraver. Quand on sait que l'épargne nationale abondante suffirait à financer notre dette, même gonflée à l'hélium de la crise, on se dit qu'il ne serait peut-être pas idiot de réorienter une partie de nos bas de laine vers le financement du secteur privé. Bien au contraire, on s'apprête à siphonner le fonds de réserve des retraites, le seul mécanisme collectif de capitalisation créé, c'est un comble, par la gauche. C'est dommage, car les périodes de crise sont de bons moments pour investir en Bourse à long terme. [email protected] philippe mabille
La Tribune
La Banque mondiale qualifie les années 2020 de « décennie perdue » pour la croissance mondiale
Emmanuel Moulin met en garde contre la propagation du choc énergétique aux prix des services
Au G7, Trump imposera son humeur et son calendrier
« Les ports sont les nœuds du corridor IMEC » dit Hervé Martel