Nouveau plan d'aide à la numérisation des salles de cinéma

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Il y a trois mois, le gendarme de la concurrence s'opposait au projet du Centre national du cinéma (CNC) d'aide à l'équipement des salles en projecteurs numériques. Ce projet initial a donc été mis au panier, et remplacé par un « plan B » détaillé hier à Cannes par la présidente du CNC, Véronique Cayla. « Le CNC a déploré autant que vous l'avis négatif de l'Autorité de la concurrence », a-t-elle dit aux professionnels. Premier volet de ce plan B : une subvention pour s'équiper, qui ne sera plus générale, mais réservée aux salles qui « ne peuvent réunir le financement nécessaire ». Cette subvention sera « coordonnée » avec celles des collectivités territoriales. En outre, « une partie du financement pourra venir du grand emprunt pour accompagner les salles les plus vulnérables, notamment celles des zones rurales  ». Parallèlement, le CNC va distribuer « dans les plus brefs délais » une aide au master numérique, qui permettra de tirer des copies numériques des films français à petits budget, notamment ceux qui n'ont pas obtenu de financement de la télévision. Le second volet du dispositif est législatif, et repose sur la proposition de loi déposée fin avril au Parlement. Véronique Cayla s'est « félicitée » de cette proposition : elle « constitue un garde fou décisif » et « une étape fondamentale pour l'avenir, qui devrait être franchie avant l'été ». En pratique, le texte impose « une contribution obligatoire » payée par le distributeur sur chaque copie numérique. limiter la concurrenceD'autre part, le CNC a aussi préparé un texte réglementaire qui encadre la diffusion en salles - en particulier en 3D - d'autres programmes que les films, par exemple du sport. « Il est urgent, à l'approche de la coupe du monde de football, de limiter la concurrence que ces programmes pourraient faire subir aux films », a prévenu Véronique Cayla.Le bilan annuel du CNC publié hier confirme le poids du numérique. À la fin janvier, la France comptait 930 salles équipées en numérique. Les plus avancés sont Europalaces (la filiale commune de Pathé et Gaumont, avec 61 cinémas équipés) et CGR (30). L'an dernier, 83 films sont sortis en copies numériques, dont 49 américains et 26 français. Surtout, 16 films (tous américains ou anglais) étaient en relief. Mais Véronique Cayla a promis de premiers films français en 3D pour cette année, évoquant 20 projets en cours de fabrication. Les billets pour les films en relief étant vendus plus chers, cela a entraîné un quadruplement des billets à plus de 10 euros, qui atteignent 8 millions en 2009. Véronique Cayla a estimé que la production française « a su globalement résister à la crise ». Même si « la diminution des investissements est bien réelle, notamment sur les films aux devis les plus élevés ». Heureusement, les subventions publiques ont « joué en 2009 leur rôle de correctif du marché, d'amortisseur ». De même, la plupart des taxes contribuant à la production (sur les chaînes de télévision, les fournisseurs d'accès à Internet, etc.) sont « encadrées, ce qui est un gage pour l'avenir ».n ? Lire aussi page 30 notre rendez-vous quotidien avec le Festival de Cannes.

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