Le ton monte entre Berlin et Paris

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Un mois précisément après leur première rencontre officielle à Berlin, il semble que le coup de foudre soit bel et bien passé entre les dirigeants allemands et français. Dans un contexte d\'incertitude croissante en Europe, avec le vote grec dimanche et la situation bancaire espagnole, le dialogue se tend entre les responsables politiques des deux premières puissances économiques de l\'Union européenne. Ce vendredi, lors d\'un discours devant la fédération des entreprises familiales allemandes, la chancelière Angela Merkel tempête. \"Il y a un faux débat qui est apparu, opposant la croissance et la rigueur budgétaire. C\'est n\'importe quoi\", a-t-elle lancé dans une allusion à la position française qui défend la relance de la croissance économique dans la zone euro. La chef du gouvernement allemand a en outre regretté le \"manque de confiance entre les acteurs\". Son pays \"ne se laissera pas convaincre par des solutions rapides comme les euro-obligations\", a-t-elle réaffirmé, lançant en guise d\'avertissement: \"La médiocrité ne doit pas devenir l\'étalon\".La veille, devant le Bundestag, la chancelière a une fois de plus rejeté la création d\'euro-obligations qui mutualiseraient les dettes. Une solution prônée par la France. Par ailleurs, son gouvernement préfère la mise en place, dans un premier temps, d\'une union bancaire, avec la création d\'un fonds commun de recapitalisation, qui serait alimenté par les banques elles-mêmes, en plus du Mécanisme européen de stabilité (MES). Mais, concernant ce mécanisme, des divergences subsistent avec la France, qui voudrait étendre ses compétences et lui accorder une licence bancaire afin de lui permettre de recapitaliser directement les établissements qui rencontrent des difficultés. Angela Merkel prépare le G20En France, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait conseillé jeudi à son homologue de ne pas \"se laisser aller à des formules simplistes\" après les propos de la Chancelière devant les députés allemands. Elle y abordait le G20 au Mexique des 18 et 20 juin en refusant que son pays porte seule le poids de la crise européenne. \"Oui, l\'Allemagne est forte, elle est le moteur de l\'économie et le pôle de stabilité en Europe\", avait-elle lancé. Mais \"tous les paquets (d\'aide) résonneront dans le vide si on surestime les forces de l\'Allemagne. Ce vendredi, lors d\'un déplacement à Nantes, il a semblé vouloir calmer le jeu.\"Il faut se dire les choses, avec respect, mais avec sincérité, et avec un objectif, c\'est de trouver ensemble la solution\", a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement a en outre affirmé que la franchise \"est nécessaire entre partenaires, je dirais aussi entre amis, c\'est vrai en particulier avec l\'Allemagne\".Jean-Marc Ayrault : \"Il y a des choses qui avancent\"Le Premier ministre a ajouté qu\'il fallait \"trouver des initiatives fortes pour la croissance, pour mettre en place des mécanismes de stabilité financière plus efficaces pour que les marchés financiers ne fassent pas la loi\".  \"Il y a des choses qui avancent déjà, par exemple la mise en place d\'une taxe sur les transactions financières pour lutter davantage contre la spéculation, qui apporterait des recettes\", a estimé Jean-Marc Ayrault.\"Il y avait des blocages, qui sont en train de se lever. C\'est en tout cas l\'impression que j\'ai en tout cas des échanges que j\'ai pu avoir avec les Allemands et notamment les Socio-démocrates, mais pas seulement eux\". Mercredi, des membres du SPD - des représentants de l\'opposition allemande - avaient été invités à l\'Elysée. Et le lendemain, François Hollande s\'est rendu à Rome pour rencontrer le président du Conseil italien Mario Monti, et afin de tenter de présenter avec lui un front commun pour résoudre la crise européenne.Dans ce contexte, le président de l\'Union européenne Herman Van Rompuy a décidé d\'organiser ce vendredi à 16 heures une conférence vidéo avec les dirigeants allemand, français, britannique et italien, afin de préparer la réunion du G20 organisée lundi et mardi au Mexique.  

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