Grèce : les conservateurs cherchent des alliés pour gouverner

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Les conservateurs du parti de la Nouvelle Démocratie étaient donnés gagnants dimanche soir à l\'issue du scrutin des élections législatives en Grèce devant la coalition de la gauche radicale Syriza. Selon un sondage sorti des urnes actualisé deux heures après la fermeture du scrutin diffusé sur les télés grecques, la Nouvelle Démocratie obtenait un score compris entre 28,6% et 30% des voix soit quelque 127 sièges (le parti placé premier bénéficie d\'un \"bonus\" de 50 sièges supplémentaires) sur les 300 que compte le parlement, contre un score compris entre 27 et 28,4% pour le Syriza. Ce dernier gagnerait quelque 10 points par rapport au scrutin de mai. Selon les chiffres du ministère de l\'Intérieur grec, vers 21 heures à Paris, sur quelque 42 % des bulletins dépouillés, la Nouvelle Démocratie obtenait 30,45% des voix, le Syriza 26,04%, le Pasok 12,85%.Antonis Samaras réaffirme la volonté de la Grèce de rester dans la zone euroAntonis Samaras, leader de la Nouvelle Démocratie, a répété qu\'il souhaitait que son pays reste dans la zone euro. Même si elle n\'a pas la majorité absolue, Nouvelle Démocratie peut avec les socialistes du Pasok former une coalition gouvernementale qui disposerait quelque 160 sièges au parlement. Ces deux partis sont en effet partisans d\'une poursuite de la politique fixée par le mémorandum signé dans le cadre de l\'aide financière accordée par l\'Europe et le Fonds monétaire international (FMI), même s\'ils en demandent un assoupplissement des conditions d\'application. Le pays est en effet confronté à une récession de son économie depuis cinq ans, d\'une forte hausse du chomâge qui ont alimenté une contestation dont a profité le Syriza.Le dirigeant de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, prône \"une renégociation\" du plan de rigueur, tandis que son adversaire Alexis Tsipras, leader de Syriza, veut son \"annulation\" et l\'adoption de \"plus de mesures de croissance\" afin de relancer l\'économie, plongé dans une grave récession, pour la cinquième année consécutive.L\'opposition résolue de SyrizaPanos Skourletis, porte-parole du Syriza, a indiqué à la télé privée Skaï que si la Nouvelle-Démocratie et le Pasok \"pouvaient constituer un gouvernement\", en revanche, ils \"ne pourraient pas appliquer la même politique\", car \"l\'axe du pays s\'est déplacé vers la gauche\". \"Il serait ridicule de demander au Syriza d\'intégrer\" une telle coalition, \"si le pays veut renégocier il lui faut au contraire une forte opposition, c\'est le meilleur atout pour le pays\", a-t-il ajouté. Le Pasok et la Nouvelle Démocratie étaient partenaires depuis novembre dans un gouvernement de coalition qui a pu décrocher en février un deuxième prêt international pour le pays au prix de nouvelles mesures de rigueur.En cas de nouvelle coalition Nouvelle Démocratie-Pasok,  le gouvernement pourrait bénéficier d\'un coup de pouce de l\'Union européenne. De son côté, le Dimar, la gauche démocratique, qui avec 6% et 16 sièges, s\'est dit prêt à discuter pour intégrer une coalition. Le secrétaire général de Dimar l\'a confirmé : \"Nous allons faire tout notre possible pour qu\'un coalition soit formée même si Syriza refuse d\'y participer. Car le pays ne pourrait pas supporter un troisième scrutin.\"Un possible assouplissement de la rigueur en terme de délaisL\'Allemagne s\'est dite en effet prête dimanche à discuter des délais nécessaires à la mise en oeuvre des réformes en Grèce, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle.  \"Il ne peut pas y avoir de changements substantiels aux engagements\" de la Grèce pour son programme de réformes, a dit le ministre. \"Je peux bien imaginer que nous discutions de nouveau des délais\", a-t-il cependant ajouté dans un entretien à la télévision publique ARD. Pour justifier cette flexibilité, il a souligné que la Grèce avait connu \"une paralysie politique ces dernières semaines, en raison des élections\". \"Les citoyens normaux ne doivent pas en être les victimes, notamment ceux qui ont déjà dû supporter des coupes drastiques\", a déclaré M. Westerwelle.Les marchés financiers devraient lundi à leur ouverture se montrer  calmes, les investisseurs redoutaient en effet un blocage en cas de victoire de Syriza. Mais il reste à imaginer quelle coalition va se mettre en place. \"Syriza était très proche de la victoire (...), donc nous nous attendons à une opposition vigoureuse aux mesures d\'austérité. Les marchés vont s\'inquiéter de la faible marge avec laquelle ND l\'a emporté et les gains de l\'euro et des autres marchés seront limités\", expliquait dimanche Daragh Maher, stratégiste changes chez HSBC.

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