Airbus : l'A400M a décidément du mal à décoller

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Nouvelles inquiétudes pour l\'A400M, dont le premier exemplaire doit être livré à la France fin 2012, début 2013. Après les problèmes sur le logiciel de régulation des moteur en 2008, qui avaient provoqué un énorme clash entre EADS et les motoristes de l\'avion de transport de troupes européen (Safran, Rolls-Royce...), puis les récentes fuites d\'huile en raison d\'un joint mal designé dans le moteur, Airbus planche depuis quelques mois sur un pignon défectueux, logé dans le réducteur d\'hélices, qui a cassé l\'été dernier sur l\'un des prototypes, le MSN 001.Le dossier reste encore à l\'instruction, selon des sources concordantes. Au sein de l\'avionneur, on se montre toutefois relativement serein. \"Les analyses ont bien progressé et le problème semble bien moins grave\" qu\'en 2008, explique-t-on de source proche du dossier. \"Le dossier est totalement sous contrôle », explique une autre source, qui rappelle que l\'A400M n\'a eu aucun problème de sécurité lors des vols d\'essais. Mais pour l\'heure, Airbus n\'a pas encore compris pourquoi ce pignon avait cassé. \"C\'est un problème de résonances mal cerné, précise-t-on à \"latribune.fr\". Il faut en connaître l\'origine mais nous n\'avons pas encore la totalité des éléments pour comprendre\".Faut-il redessiner un nouveau pignon ? Ce n\'est pas complètement exclu. Ce qui pourrait ralentir la production du premier exemplaire, actuellement sur la chaîne d\'assemblage. \"Cela ne devrait pas avoir d\'impact sur l\'entrée en service\" de l\'appareil, estime une source proche du dossier. Le premier vol de cet appareil est attendu à l\'automne. L\'EPI, le consortium des motoristes, renâclent pour régler rapidement ce problème. \"Ils sont gênés à l\'idée de rouvrir leurs dossiers, soupire-t-on chez Airbus. On est dans une situation incroyable : le moteur, qui est certifié, nous retarde dans la certification de l\'appareil\".Llivraison décalée à 2013 ?Car ce qui inquiète aussi tout le monde, c\'est la qualification militaire de l\'appareil. Dans un premier temps, l\'A400M doit obtenir une certification civile, programmée courant juillet, - avant le 15 s\'il n\'y pas de retard - à l\'issue de 300 heures d\'essais de vols de longue durée. L\'appareil a déjà obtenu une qualification restreinte (Initial operation certification) de la part de l\'Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (EASA). Mais \"le dossier le plus chaud reste la qualification militaire de l\'appareil\", indique-t-on de source proche du dossier. C\'est prévu dans le courant du second semestre de 2012. Il reste encore beaucoup de travail pour présenter un dossier complet, estime une source proche du dossier.Du coup, l\'avionneur aura dû mal à livrer un premier A400M à l\'armée de l\'air française avant la fin de l\'année, comme il l\'espérait en 2011. \"Le calendrier est très challenging\", estime une source. En clair, pour l\'industriel c\'est mission impossible. Toutefois, Airbus assure qu\'il sera livré avant la fin de l\'année, une date a même été fixée. Quoiqu\'il arrive, l\'avionneur s\'est contractuellement engagé à livrer à la France un appareil début 2013. \"Il n\'y a pas de pénalités jusqu\'à mars 2013\", souligne-t-on.Premier contrat de maintenance signéS\'agissant dde la maintenance de l\'appareil, un dossier très polémique entre la direction générale de l\'armement (DGA) et Airbus, cela va un peu mieux. Car la France a signé un premier contrat avec Airbus Military sur le soutien des quatre premiers appareils sur une période de 18 mois. Le délégué général pour l\'armement Laurent Collet-Billon, qui avait tempêté à l\'automne, menaçait de ne pas prendre les A400M. \"Nous n\'avons toujours pas de proposition satisfaisante de la part d\'Airbus, notamment pour le moteur. J\'ai fait savoir aux industriels que, sans contrat de soutien, je ne prendrai pas en compte les appareils et je ne les paierai pas\", avait-il indiqué. En tout cas les quatre premiers seront bien payés à Airbus.Le contrat de maintenance des appareils franco-britanniques est toujours en négociations. Il pourrait être signé \"par étape\" tant les discussions restent difficiles. D\'autant que Airbus n\'est pas prêt à faire trop de concessions après avoir perdu beaucoup d\'argent sur le programme A400M. \"Nous ne sommes pas prêts à prendre un contrat support à perte\", indique-t-on chez Airbus... qui est en position forte pour négocier. Il est le seul à pouvoir effectuer le support de cet appareil.

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